La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a affirmé mercredi à Tunis que « se tenir aux côtés de la Palestine revient à défendre notre humanité commune ».
Elle a estimé que « la neutralité » face à la guerre dans la bande de Gaza constitue « un soutien direct à l’occupation et une complicité avec le génocide ».
S’exprimant lors d’une rencontre organisée par Cérès Éditions dans le cadre de la 40e édition de la Foire internationale du livre de Tunis, pour présenter son livre « Quand le monde dort: Récits, voix et blessures de la Palestine »
Albanese a déclaré que la question palestinienne est devenue « un miroir moral » révélant les contradictions du système international.
Elle a souligné que la « résilience » palestinienne dépasse la seule notion de résistance, traduisant une capacité à préserver « l’identité et l’existence » face aux tentatives d’effacement.
La responsable onusienne a également salué les campagnes de boycott menées en Tunisie contre certaines grandes marques internationales, estimant que « le consommateur conscient exerce une influence réelle sur les chaînes de financement ». Selon elle, ces actions relèvent d’une forme de « résistance civile » susceptible d’exercer une pression sur les soutiens de l’entité sioniste.
Évoquant la pensée de l’intellectuel palestino-américain Edward Said, notamment à travers son ouvrage Des intellectuels et du pouvoir, elle a affirmé que l’intellectuel doit être « un miroir sincère de la société », chargé de « dire la vérité » et de consigner son époque afin de préserver la mémoire collective.
Elle a également mis en lumière les convergences entre la pensée de Said et celle du philosophe italien Antonio Gramsci autour de la figure de l’intellectuel engagé, alliant savoir et action concrète.
Par ailleurs, Albanese a critiqué ce qu’elle a qualifié de « cupidité » de certaines plateformes mondiales de location et de systèmes économiques privilégiant le profit au détriment des droits fondamentaux, notamment ceux des populations vulnérables.
La juriste italienne a, en outre, présenté son nouvel ouvrage Quand le monde dort : récits, voix et blessures de la Palestine, publié par Cérès Éditions.
Dans ce livre, rédigé en partie en Tunisie, elle rassemble des témoignages de femmes, d’hommes et d’enfants palestiniens confrontés à la guerre et aux déplacements, dans une tentative de « préserver les voix humaines au cœur de la catastrophe ».
Juriste et universitaire italienne, Francesca Albanese occupe depuis 2022 le poste de rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés.
Avec TAP

