Entre patrimoine millénaire, hautes technologies de pointe, échanges humains et découvertes du quotidien, l’ambassade de Chine en Tunisie, à travers un voyage de presse organisé, a offert une immersion rare dans une Chine multiple, en mouvement, profondément attachée à son histoire autant qu’à son avenir.
Il existe des pays que l’on croit connaître avant même d’y avoir mis les pieds. La Chine fait partie de ceux-là. Sa puissance économique, ses infrastructures très vastes, son poids politique et technologique nourrissent depuis des années l’imaginaire collectif. Pourtant, rien ne prépare réellement à l’expérience réelle.
On a beau avoir vu des reportages, lu des chiffres vertigineux sur sa croissance ou observé ses gratte-ciel depuis un écran, rien ne remplace le fait de marcher dans ses rues, de partager un repas avec ses habitants ou de ressentir, au détour d’une avenue, ce mélange si particulier d’ordre et d’effervescence.
Invités par l’ambassade de Chine en Tunisie à participer à un voyage de presse entre Pékin et Changsha, plusieurs journalistes tunisiens ont eu l’occasion de découvrir une Chine bien plus nuancée, plus humaine et parfois plus surprenante qu’on ne l’imagine. Durant plusieurs jours, entre rencontres, visites de terrain et moments plus informels, le programme nous a menés d’un bout à l’autre du pays, offrant un aperçu aussi vaste que contrasté de la réalité chinoise contemporaine.
Dès les premières heures à Pékin, un détail frappe immédiatement : cette atmosphère florale emplie de douceur et une impression d’organisation silencieuse où tout semble pensé avec précision. Les déplacements fluides, l’attention portée aux invités, la ponctualité, l’accompagnement constant et le soin accordé au programme traduisent une volonté claire : faire découvrir la Chine dans les meilleures conditions possibles, au-delà des visites officielles.
Même le trajet entre l’aéroport et le centre-ville, pourtant long, devenait une première leçon d’observation : larges avenues impeccablement entretenues, verdure et fleurs omniprésentes, discipline visible jusque dans la circulation.
Et justement, ce voyage n’avait rien d’une simple succession de sites touristiques.
Bien sûr, il y eut les lieux emblématiques. La majesté de la Cité interdite, les jardins du Palais d’Été, l’atmosphère singulière du Temple du Ciel ou encore l’émotion particulière ressentie face à l’immensité de la Grande Muraille de Chine. Des endroits où l’histoire semble encore flotter dans l’air, rappelant le poids d’une civilisation plusieurs fois millénaire.
Se tenir face à la Grande Muraille, sentir sous ses pieds des pierres posées là des siècles auparavant, donne une mesure du temps que peu de lieux au monde parviennent à offrir aussi intensément.
Mais l’expérience la plus marquante se trouvait souvent ailleurs.
Dans les échanges avec les étudiants de la Faculté des études arabes de l’Université des langues étrangères de Pékin, curieux de découvrir la Tunisie et le regard que le monde arabe porte aujourd’hui sur la Chine. Dans les discussions avec les médias locaux à Changsha. Dans ces moments plus spontanés où les conversations dépassent le cadre protocolaire pour devenir simplement humaines.
Certains étudiants, qui avaient appris quelques mots d’arabe ou suivaient l’actualité tunisienne de près, posaient des questions précises sur notre pays, son histoire, sa culture — un intérêt sincère qui a surpris plus d’un journaliste du groupe et rappelé combien la curiosité, lorsqu’elle est partagée, efface vite les distances.
Au fil des journées, une autre facette du pays apparaît également : celle d’une Chine tournée vers l’avenir avec une rapidité impressionnante.
Les visites d’entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies, les énergies renouvelables ou encore l’industrie lourde à l’instar de SANY nous ont offert un aperçu concret du niveau d’avancement atteint dans certains secteurs stratégiques. À Changsha notamment, certaines infrastructures industrielles donnent la sensation d’observer un futur déjà en marche. Dans certains sites, la précision des lignes de production, l’ampleur des infrastructures ou la rapidité avec laquelle certains projets sortent de terre donnent une idée concrète de l’échelle à laquelle la Chine pense son développement industriel.
Et pourtant, malgré cette modernité omniprésente, la Chine semble conserver un lien très fort avec ses traditions et son équilibre culturel.
Cela se ressent dans les gestes du quotidien, dans l’importance accordée au bien-être, dans le rapport à la nourriture, dans certaines pratiques comme le tai-chi, mais aussi dans cette manière de préserver les symboles du passé tout en construisant le futur. Dans les parcs, tôt le matin, des groupes se retrouvent pour pratiquer le tai-chi ou danser en musique, dans une scène presque immuable, répétée depuis des générations, qui contraste avec la modernité affichée à quelques rues de là.
Chine : entre mémoire, modernité et hospitalité
Ce voyage aura également été une expérience humaine entre nous, Tunisiens. Journalistes issus de parcours différents, parfois sans réellement se connaître auparavant, nous avons partagé bien plus qu’un programme officiel : des discussions, des découvertes communes, des fou rires, des étonnements, des moments de fatigue et cette sensation particulière d’être plongés ensemble dans une réalité totalement nouvelle.
Ces liens tissés au fil des kilomètres, des repas partagés et des soirées à échanger nos impressions respectives, font aujourd’hui partie intégrante du souvenir que nous gardons de ce voyage, presque autant que les lieux visités eux-mêmes.
À travers cette initiative, l’ambassade de Chine en Tunisie semble avoir voulu favoriser une meilleure compréhension mutuelle, créer des passerelles humaines, proposer des possibilités d’échanges et permettre une découverte plus directe de la Chine contemporaine. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté plus large de rapprocher les peuples tunisien et chinois, à travers la culture, l’économie et les échanges humains, au-delà des seuls canaux diplomatiques habituels.
Car certains pays ne se résument ni à des chiffres, ni à des analyses géopolitiques, ni à des images vues à distance.
Ils se découvrent dans les détails, dans les conversations, dans les contrastes et dans les impressions que l’on ramène avec soi bien après le retour. C’est précisément ce que ce voyage nous aura offert : moins une série de clichés à collectionner qu’une compréhension plus fine, plus vécue, d’un pays que l’on croit souvent connaître de loin.
Ce premier volet ouvre une série de récits et de reportages consacrés aux différentes facettes de cette immersion chinoise : culture, innovation, gastronomie, médias, traditions, coopération économique et expériences humaines vécues entre Pékin et Changsha.
Jihène Ben Hassine












