Le médecin et écrivain tunisien Hichem Ben Azouz, lauréat du prix Comar d’Or 2026 en langue française, participera à une rencontre-débat suivie d’une séance de dédicace le mercredi 3 juin à partir de 10h30 à la librairie Claire Fontaine à Tunis, a annoncé l’établissement ce mercredi soir sur son réseau social.
Cette rencontre publique autour de son premier roman, “Sangoma, le guérisseur” (Éditions Hikayet-2025), intervient après le sacre de l’auteur samedi soir au Théâtre de l’opéra de Tunis lors de la 30ème édition des prix Comar d’Or, la plus haute distinction littéraire de Tunisie.
Le jury de langue française, présidé par le journaliste Ridha Kefi, a récompensé « un roman qui relate l’expérience exceptionnelle d’un médecin en rupture de ban avec un système médical enfermé dans la logique froide de la technicité », saluant « un voyage initiatique en quête de l’humain, de la mémoire ».
Fresque monumentale de 500 pages née de ses vingt ans de pratique médicale en Afrique du Sud, l’œuvre suit Slim, un médecin tunisien en plein burn-out. « Sous la pression, il arrive à une sorte de burn-out complet. Il est complètement brûlé par le soin… le contexte ne le laisse pas soigner les gens », a confié l’auteur à l’agence TAP à l’issue de la cérémonie de remise des prix.
Cette impossibilité de soigner dignement pousse le protagoniste à fuir à travers le continent africain, du Cap Angela en Tunisie au Cap des Aiguilles en Afrique du Sud, pour confronter la science moderne aux sagesses ancestrales.
Dans la brousse, le héros découvre les “Sangomas”, des guérisseurs traditionnels.« Ce sont des gens, différemment des guérisseurs dans le sens occidental, qui guérissent avec les ancêtres, les esprits, la mémoire », a expliqué Hichem Ben Azouz à la TAP, ajoutant avec émotion que dans la réalité, « ils ont travaillé avec moi au sein de l’hôpital ».
Pour le jury comme pour son éditeur, cette distinction consacre une œuvre singulière et nécessaire qui rappelle qu’il existe « une autre façon » d’entendre la souffrance humaine, à travers le prisme de l’écoute et des héritages invisibles.

