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Football: Le patriotisme à l’épreuve des rivalités sportives

19 juin 2026
in Chroniques
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Football: Le patriotisme à l’épreuve des rivalités sportives
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Au cœur des débats passionnés qui entourent les résultats de l’équipe nationale de football dans le Mondial, il devient parfois difficile de distinguer la critique légitime et la volonté sincère de réforme des calculs étroits qui voient dans le football un simple instrument au service d’intérêts particuliers ou de règlements de comptes.

La critique fait naturellement partie de la vie sportive. Elle est même indispensable lorsqu’elle vise à améliorer les performances, à renforcer la gouvernance ou à corriger les dysfonctionnements. Cependant, une dérive inquiétante apparaît lorsque certains ne se contentent plus de critiquer, mais en viennent à souhaiter l’échec de la sélection nationale pour atteindre des objectifs personnels ou affaiblir des responsables qu’ils contestent.

Mais nous sommes aujourd’hui confrontés malheureusement à une réalité paradoxale. D’un côté, des millions de Tunisiens espèrent les victoires de leur équipe nationale parce qu’elles constituent des moments de joie, de fierté et de rassemblement dans un contexte économique et social souvent difficile. De l’autre, certains « malades » souhaitent les défaites de la Tunisie, car elles pourraient accélérer le départ d’une direction fédérale, fragiliser certains responsables ou servir les intérêts de groupes influents.

Comme si le bonheur de tout un peuple pouvait devenir un simple levier dans une lutte d’influence.

Cette logique est particulièrement dangereuse. Elle repose sur une vision de « terre brûlée » selon laquelle, si l’on ne peut accéder à une position ou imposer son point de vue, il faudrait alors que tout s’effondre. Dès lors, chaque erreur est amplifiée, chaque contre-performance exploitée et chaque résultat négatif transformé en argument au service d’une bataille qui dépasse largement le cadre sportif.

Nous assistons ainsi à une agitation permanente où la provocation, le pessimisme et la dévalorisation prennent parfois le dessus sur l’analyse objective. L’objectif n’est plus toujours la réforme ou l’amélioration du football national, mais l’élimination de l’adversaire afin de libérer l’espace pour ceux qui convoitent une place ou une influence.

Pourtant, l’histoire montre que ceux qui se réjouissent aujourd’hui de la chute des autres peuvent demain connaître le même sort. Les victoires comme les défaites sont passagères, tandis que les divisions qu’elles alimentent peuvent laisser des traces durables.

Plus préoccupante encore est l’exploitation des émotions populaires. Le supporter ordinaire ne s’intéresse ni aux rivalités de coulisses, ni aux calculs électoraux, ni aux luttes d’influence entre dirigeants ou entre clubs. Il souhaite simplement voir son pays représenté avec dignité, ressentir de la fierté en voyant flotter son drapeau et partager un moment d’unité autour des couleurs nationales.

Pourquoi alors instrumentaliser ces sentiments au profit d’ambitions personnelles ou de querelles passagères ?

Certes, personne n’est au-dessus de la critique ni de l’obligation de rendre des comptes. Les débats qui traversent aujourd’hui le paysage sportif tunisien traduisent un malaise réel et une aspiration au changement exprimée par une partie de l’opinion publique. Mais il existe une différence fondamentale entre demander des comptes et souhaiter l’échec, entre la critique constructive et la destruction systématique.

Une nation ne se construit pas sur le désir de voir ses symboles tomber. Le sport ne progresse pas lorsque chaque revers devient une occasion de règlement de comptes ou de satisfaction personnelle.

Cet article n’a pas pour vocation de défendre une direction fédérale ou un responsable particulier. Il se veut simplement une réflexion sur un phénomène de plus en plus visible dans certains médias et sur certaines plateformes numériques, où le sensationnalisme se dissimule parfois derrière le masque du patriotisme.

Le véritable patriotisme ne consiste pas à espérer la défaite de son équipe nationale pour provoquer un changement de dirigeants ou faire tomber le staff technique.

Il consiste à soutenir les couleurs du pays tout en réclamant, avec lucidité, responsabilité et exigence, les réformes nécessaires.

Car lorsque l’équipe nationale entre sur le terrain, il ne devrait y avoir qu’un seul vainqueur dans le cœur des Tunisiens : la Tunisie.

Taher Ben Mouhamed Zrelli

Tags: Aigles de CarthageMondial 2026patriotismeSélection tunisienne
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