La brigade tunisienne de recherche et de lutte contre l’évasion fiscale, également appelée « police fiscale », a lancé depuis le début de l’année 2026 une série d’investigations sur le secteur de la production de sel, dans un contexte de soupçons de manipulation des prix et de pertes financières potentiellement importantes pour l’État tunisien.
Cette opération s’inscrit dans le cadre d’enquêtes plus larges portant sur la gestion des ressources naturelles du pays, notamment dans les secteurs du pétrole et du sel. Selon une source du ministère des Finances citée par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), les équipes de contrôle ont mené des opérations de terrain renforcées par des analyses financières et des investigations ciblant plusieurs acteurs du secteur.
Les contrôles concernent actuellement quatorze entreprises exploitant des salines, dont la majorité est détenue par des capitaux étrangers. Les investigations couvrent plusieurs sites stratégiques situés le long du littoral tunisien, notamment à Sfax, Zarzis, Gabès, Monastir, Mahdia et Sousse.
Selon les premiers éléments recueillis, les autorités soupçonnent certaines entreprises étrangères opérant en Tunisie de vendre le sel extrait localement à des sociétés mères ou à des structures affiliées à l’étranger à des prix particulièrement bas, ne reflétant pas sa valeur réelle sur le marché. Ce même produit serait ensuite commercialisé à l’international à des tarifs beaucoup plus élevés, permettant le transfert d’une part importante des bénéfices hors du territoire tunisien.
D’après les autorités, ce mécanisme pourrait priver l’État de ressources fiscales et de recettes en devises importantes. Certaines estimations évoquent des pertes annuelles pouvant atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, avec des répercussions sur la balance commerciale et les finances publiques.
Le ministère des Finances souligne toutefois que ces opérations de contrôle ne visent pas à porter atteinte au climat des affaires ni à décourager les investisseurs étrangers. Elles ont pour objectif d’assurer une plus grande transparence, de lutter contre l’évasion fiscale et de garantir le respect des accords internationaux ainsi que des droits de l’État tunisien sur ses ressources naturelles.
La Tunisie produit chaque année près de deux millions de tonnes de sel, essentiellement destinées à l’exportation, ce qui confère à ce secteur une importance économique stratégique.
Source : Agence Tunis Afrique Presse (TAP).

