Plus d’un million de migrants en situation irrégulière en Espagne ont demandé à obtenir un statut légal dans le cadre d’un programme qui a fait fi d’une répression européenne plus large à l’encontre de l’immigration irrégulière, a déclaré mardi le gouvernement, dernier jour du délai de dépôt des demandes.
Le nombre de demandes déposées n’indique pas nécessairement combien de migrants obtiendront un statut légal. Les demandeurs doivent prouver qu’ils n’ont pas de casier judiciaire et qu’ils ont passé au moins cinq mois consécutifs en Espagne avant le 1er janvier.
Les autorités disposent de trois mois pour traiter leur dossier et décider de leur délivrer ou non un permis de travail et de séjour valable uniquement en Espagne. « Lorsque nous condamnons une personne à l’invisibilité, je pense que nous rendons notre pays pire. Nous y perdons tous », a expliqué M. Sánchez, précisant que son gouvernement avait pour objectif « d’offrir une chance et un avenir » aux migrants. « Nous voulons que le monde perçoive l’Espagne comme un pays qui respecte, protège et défend les droits de l’homme. »
Terre d’émigrants depuis des siècles, l’Espagne est, aux côtés de l’Italie et de la Grèce, une porte d’entrée majeure vers l’Union européenne pour des dizaines de milliers de demandeurs d’asile et de migrants sans papiers. Beaucoup empruntent une longue et périlleuse route atlantique depuis l’Afrique de l’Ouest jusqu’aux îles Canaries, même si leur nombre a baissé l’année dernière après avoir atteint un pic en 2024.
Depuis avril, des files d’hommes, de femmes et d’enfants se sont formées dans les rues pour obtenir des documents et se présenter à leurs rendez-vous en vue de leur régularisation, sans compter les demandeurs en ligne. Bien que l’on ait craint une saturation des services chargés de ce dispositif, Mohamed, un Marocain vivant dans la région de Cantabrie, au nord du pays, a estimé que les démarches administratives étaient « relativement faciles ». Ce demandeur d’emploi de 23 ans, qui a souhaité garder l’anonymat, vit en situation irrégulière en Espagne depuis environ quatre ans et espère « pouvoir travailler légalement, pour payer ses cotisations ».

