Dans son plan de développement stratégique de 2026 à 2030, la Tunisie place la réduction du déficit commercial au cœur de sa politique économique. L’objectif affiché est clair : ramener ce déficit à 9,9 % du PIB d’ici 2030, contre une prévision de 12,6 % pour 2025.
Cette trajectoire repose sur une double dynamique caractérisée par une relance vigoureuse des exportations et une rationalisation rigoureuse des importations afin de consolider la souveraineté économique du pays.
Le modèle de croissance prévoit une progression annuelle des exportations de marchandises de 4,5 % en prix courants, portée par le dynamisme de plusieurs secteurs clés. Les industries mécaniques et électriques devraient ainsi croître de 4,5 % par an grâce à l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales comme l’automobile et l’aéronautique. Le secteur des phosphates et dérivés table sur un rebond spectaculaire de 15,5 % par an, soutenu par l’optimisation logistique. Enfin, le textile vise une croissance de 2,8 % par an axée sur l’innovation, tandis que l’agroalimentaire progressera de 2 % par an en misant sur la valorisation locale, notamment le conditionnement de l’huile d’olive sous marque tunisienne.
Tout en limitant les biens de consommation non essentiels à une hausse de 4,8 % par an, Tunis anticipe une augmentation globale des importations de 4,2 % par an, ciblant prioritairement l’appareil productif. Les flux de biens d’équipement progresseront de 5,6 % et ceux des matières premières de 4,9 % afin de soutenir la modernisation industrielle. Quant aux produits alimentaires, leur croissance sera contenue à 4,6 % grâce au développement stratégique de la production locale, en particulier la filière céréalière.

