Le Syndicat Tunisien des Pharmaciens d’Officine (SPOT) a annoncé la suspension du système du tiers payant avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) à compter du samedi 1er août 2026.
Cette décision intervient en raison du retard persistant dans le paiement des créances dues aux pharmaciens d’officine, une situation qui met en péril l’équilibre financier des pharmacies privées.
Dans un communiqué publié ce jeudi 16 juillet 2026, le bureau national du SPOT a indiqué que le vendredi 31 juillet 2026 constituait la date limite accordée à la CNAM pour honorer l’ensemble de ses engagements financiers et conventionnels. En l’absence d’un règlement intégral des sommes dues avant cette échéance, la suspension du tiers payant sera appliquée dès le lendemain.
Le syndicat insiste sur le fait que cette mesure ne vise pas les assurés sociaux, mais constitue une réponse de dernier recours face à une crise de trésorerie qui fragilise de plus en plus les officines privées.
Des engagements restés sans effet
Le SPOT rappelle que ce conflit découle du non-respect répété des accords conclus avec la CNAM. Il souligne notamment qu’un accord moral avait été signé le 15 janvier 2026 sous l’égide de la Présidence de la République afin de garantir la continuité de l’approvisionnement en médicaments et d’éviter que les patients ne subissent les conséquences des différends administratifs.
Le syndicat évoque également la réunion tenue le 25 juin 2026 à l’initiative du ministre des Affaires sociales, au cours de laquelle il avait été convenu de débloquer trois versements successifs, dont le dernier devait intervenir le 15 juillet 2026. Or, selon le SPOT, une seule tranche a été versée jusqu’à présent, compromettant le calendrier de règlement des arriérés accumulés depuis le début de l’année.
Une situation financière devenue critique
Le communiqué dresse un tableau préoccupant de la situation économique des pharmacies d’officine. Après avoir épuisé leurs réserves financières et face au durcissement des conditions de financement imposées par les banques, de nombreuses officines rencontrent désormais d’importantes difficultés pour s’approvisionner auprès des grossistes-répartiteurs.
Le SPOT estime que cette crise est aggravée par plusieurs facteurs. D’une part, les difficultés de trésorerie conduisent de nombreux créanciers à engager des procédures judiciaires contre les pharmaciens, avec une multiplication des actions en justice et des saisies conservatoires. D’autre part, le syndicat dénonce certaines pratiques de la CNAM, notamment le rejet qu’il juge injustifié de plusieurs factures, la fermeture de la plateforme électronique utilisée jusqu’à présent et la mise en place d’un nouveau portail sans période de transition ni concertation, qu’il considère non conforme aux exigences légales et techniques.
Enfin, le bureau national fait part de son inquiétude face à certaines décisions prises par des municipalités, qu’il estime contraires à la législation en vigueur et susceptibles d’accentuer les difficultés auxquelles sont confrontées les pharmacies privées.

