À la suite de la diffusion d’une vidéo jugée choquante montrant plusieurs intervenants au sein d’un hôpital se moquant d’une patiente alors qu’elle était sous l’effet de l’anesthésie, l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), section de l’Institut supérieur des sciences infirmières de Tunis, a exprimé sa plus vive condamnation de cet acte, qu’elle qualifie de « faillite morale avant même d’être une faute professionnelle ».
Dans un communiqué, l’organisation souligne qu’« un patient, dans un moment de vulnérabilité et d’incapacité à se défendre, ne peut être ni un objet de moquerie ni un moyen de générer des vues sur les réseaux sociaux ». Elle estime que les faits révélés par cette vidéo constituent « une violation flagrante de la dignité humaine, une trahison des devoirs imposés par les professions de santé et une négation des valeurs que tout soignant est censé incarner ».
L’UGET considère également que de tels agissements ne portent pas seulement atteinte à leurs auteurs, mais ternissent l’image de l’ensemble du personnel paramédical, ainsi que celle des milliers d’étudiants et de professionnels qui considèrent leur métier comme une mission au service des patients, fondée sur le respect inconditionnel de leur dignité.
Face à cette affaire, le syndicat étudiant appelle à l’ouverture d’une enquête urgente et approfondie afin d’identifier tous les responsables, de les traduire devant leurs responsabilités et de prendre les mesures disciplinaires et judiciaires nécessaires contre toute personne ayant participé, filmé ou diffusé cette scène, afin d’éviter que les établissements de santé ne deviennent des lieux où la dignité des patients est bafouée en toute impunité.
L’UGET exhorte également la direction de l’établissement de santé concerné ainsi que l’institution universitaire – si les personnes impliquées sont des stagiaires – à assumer pleinement leurs responsabilités en engageant les procédures disciplinaires appropriées à l’encontre de toute personne reconnue impliquée, dans le respect de la gravité des faits et afin de préserver la crédibilité de l’institution et le caractère sacré du service public de santé.
Le communiqué appelle en outre le ministère public à ouvrir les investigations nécessaires et à engager les poursuites prévues par la loi contre tous les responsables, afin de garantir que ces actes ne restent pas impunis et d’assurer la protection des droits et de la dignité des patients.
Enfin, l’Union générale des étudiants de Tunisie affirme que « le silence face à de tels dépassements constitue une forme de complicité » et rappelle que « la protection de la dignité des patients est une responsabilité collective qui ne souffre ni justification ni complaisance ».

