Alors que la Tunisie s’efforce de renforcer la confiance des investisseurs et de mobiliser les financements nécessaires à la mise en œuvre de son Plan national de développement 2026-2030, dans un environnement international marqué par des tensions financières, l’agence de notation Moody’s livre une évaluation contrastée de la situation économique du pays.
Dans son rapport publié le 24 juillet 2026, l’agence met en évidence une amélioration de certains indicateurs extérieurs. Celle-ci est notamment attribuée au remboursement du dernier eurobond ainsi qu’au maintien d’un niveau relativement stable des réserves en devises. En revanche, Moody’s souligne que les finances publiques continuent de faire face à d’importantes contraintes, en raison d’un endettement élevé, d’un ralentissement des efforts de consolidation budgétaire et de rigidités structurelles qui pèsent sur l’économie.
À l’issue de son examen périodique, l’agence a décidé de confirmer la perspective stable associée à la notation souveraine de la Tunisie, sans modifier ni cette dernière ni celle de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Moody’s précise toutefois que cette stabilité ne traduit pas une amélioration des fondamentaux économiques. Elle reflète plutôt un équilibre précaire entre des facteurs de soutien extérieurs et des vulnérabilités internes qui continuent d’affecter la qualité de crédit du pays.
La notation Caa1 attribuée à la Banque centrale de Tunisie est ainsi maintenue avec une perspective stable. En tant qu’institution chargée des émissions et du remboursement de la dette souveraine pour le compte de l’État, la BCT demeure un acteur central dans la gestion des engagements financiers du pays.
Selon Moody’s, plusieurs facteurs continuent de peser sur la notation souveraine de la Tunisie. Parmi eux figurent une marge de manœuvre budgétaire limitée, un niveau d’endettement élevé, un potentiel de croissance insuffisant ainsi que des difficultés persistantes d’accès aux financements extérieurs dans des conditions soutenables.
L’agence estime également que les perspectives de croissance à moyen terme restent contraintes par des obstacles structurels qui freinent la création d’emplois, limitent le développement du secteur privé et réduisent l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.
Une position extérieure plus solide malgré la hausse de la facture énergétique
Parmi les éléments positifs relevés par Moody’s figure le renforcement de la position extérieure de la Tunisie. Malgré une augmentation de 38 % des importations énergétiques entre janvier et mai 2026, liée à la hausse des prix internationaux du pétrole, les réserves de change sont demeurées globalement stables, représentant l’équivalent de 3,3 mois d’importations en juin 2026.
Cette résilience s’explique par plusieurs évolutions favorables, notamment la progression des exportations agricoles, la hausse continue des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger et une augmentation de 14 % des investissements directs étrangers au cours du premier trimestre 2026.
Enfin, Moody’s souligne que le remboursement, en juillet 2026, du dernier eurobond de grande ampleur a permis d’améliorer sensiblement le profil de remboursement de la dette extérieure, réduisant les échéances importantes au cours des prochaines années.

