La Tunisie ne prévoit plus de recourir aux délestages électriques d’ici la fin de l’été. C’est ce qu’a indiqué une source du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, citée par le média spécialisé Attaqa.
Les autorités estiment que le réseau électrique est désormais suffisamment stabilisé pour assurer la continuité de l’approvisionnement, après plusieurs semaines de coupures programmées destinées à faire face aux pics de consommation liés aux fortes chaleurs.
Durant les trois dernières semaines, un programme de délestage a été appliqué dans différentes régions afin de soulager le réseau national, soumis à une demande record, alimentée notamment par l’utilisation intensive des climatiseurs.
Selon la même source, « le délestage est désormais terminé » et ne devrait pas être réactivé dans les prochaines semaines. Cette amélioration s’appuie sur les prévisions météorologiques, qui annoncent un retour des températures à des niveaux proches des normales saisonnières jusqu’à la fin août, avec des maximales comprises entre 32 et 38 °C. Une baisse de la consommation d’électricité est ainsi attendue.
Parallèlement, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) poursuit son programme de maintenance estivale. Ses équipes techniques restent mobilisées 24 heures sur 24 pour assurer la maintenance des installations, renforcer la fiabilité du réseau et intervenir rapidement en cas d’incident.
L’interconnexion électrique avec l’Algérie continue également de jouer un rôle clé dans la sécurisation de l’approvisionnement. La capacité d’échange entre les deux pays atteint 600 mégawatts, conformément aux accords bilatéraux, avec une modulation possible selon les besoins du réseau tunisien et les conditions climatiques.
La source ministérielle souligne par ailleurs que l’Algérie a maintenu sa coopération tout au long des récents épisodes de délestage. Les importations d’électricité sont toutefois restées limitées au plafond de 600 MW prévu par les accords entre les deux pays.
Elle précise également que les incendies ayant touché plusieurs régions algériennes ont provoqué, pendant quelques jours, une suspension temporaire des exportations d’électricité vers la Tunisie pour des raisons de sécurité liées aux infrastructures de transport. Les livraisons ont depuis repris normalement et aucune difficulté particulière n’est actuellement signalée.
Au-delà de la gestion de la période estivale, le secteur énergétique tunisien poursuit sa transition. Selon les données publiées par Attaqa, les énergies renouvelables ont représenté près de 9 % de la production nationale d’électricité au premier semestre 2026, contre 4,03 % en 2025, grâce à la mise en service de nouveaux projets. Cette progression s’inscrit dans l’objectif national de porter la part des renouvelables à 35 % d’ici 2035, puis à 50 % à l’horizon 2050.
Malgré cette évolution, le gaz naturel demeure la principale source de production d’électricité en Tunisie, avec près de 90 % du mix énergétique depuis le début de l’année. Environ 65 % de ce gaz est importé d’Algérie, tandis que le reste provient de la production nationale, illustrant la dépendance persistante du pays aux hydrocarbures, malgré les avancées réalisées dans le développement des énergies renouvelables.

