Après des mois d’attente et un périple particulièrement mouvementé entre le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Italie, leurs voitures étaient finalement arrivées en Tunisie. Mais au moment de les récupérer, une mauvaise surprise les attendait au port de Radès : les véhicules étaient bloqués.
Plus d’une centaine de voitures appartenant à des Tunisiens résidant à l’étranger se retrouvent ainsi immobilisées dans les ports de Radès et de La Goulette, sur fond de litige commercial opposant une société de transport basée au Qatar à une entreprise saoudienne. Les propriétaires affirment, pour leur part, avoir intégralement payé les frais de transport qui leur avaient été réclamés.
Tout avait commencé au Qatar. En raison de la situation dans la région, le transport des véhicules avait dû emprunter un itinéraire inhabituel. Les voitures avaient d’abord été acheminées vers l’Arabie saoudite, avant de poursuivre leur trajet vers la Turquie, puis l’Italie.
Depuis l’Italie, certaines avaient été débarquées à Bizerte, tandis que d’autres avaient transité par La Goulette, avant d’être finalement acheminées vers le port de Radès.
Les clients tunisiens, eux, affirment n’avoir traité qu’avec la société qatarie. Celle-ci leur avait été présentée comme une entreprise officiellement établie, disposant de bureaux, de documents administratifs et de salariés. Elle était également chargée de coordonner l’opération avec une société saoudienne, elle-même en relation avec le propriétaire du navire.
Selon le témoignage recueilli, les clients n’avaient jamais eu de contact direct avec cette société saoudienne.
Des frais de transport revus à la hausse
Les coûts de transport, qui se situaient auparavant autour de 3 000 à 4 000 riyals qataris, soit approximativement 3 000 à 4 000 dinars tunisiens, avaient considérablement augmenté pour atteindre entre 8 000 et 9 000 riyals, soit environ 8 000 à 9 000 dinars tunisiens.
Les clients affirment avoir réglé les montants demandés et disposer des justificatifs attestant de leurs paiements.
Après près de quatre mois d’attente, ils avaient finalement pu suivre leurs véhicules grâce aux numéros de suivi qui leur avaient été communiqués. Le long périple semblait enfin toucher à sa fin : les voitures étaient arrivées en Tunisie.
Mais c’est à ce moment-là que les difficultés ont commencé. Lorsqu’un des clients a voulu récupérer sa voiture, il a d’abord tenté de joindre le responsable tunisien de la société qatarie avec laquelle il avait traité. En vain.
Face à cette situation, le client a décidé de se rendre directement au port. Il a alors pris contact avec les services douaniers, muni du numéro de sa cargaison. En poursuivant ses démarches auprès de l’entreprise intervenant au port de Radès, le client aurait appris qu’un blocage avait été enregistré sur son véhicule. Selon les informations qui lui auraient été communiquées, cette mesure serait à l’origine de la société saoudienne.
La raison invoquée serait d’ordre financier : la société qatarie n’aurait pas réglé certaines sommes dues à son homologue saoudienne. Les véhicules auraient alors été inscrits sur une « blacklist », selon les informations transmises au client par un employé de l’entreprise présente au port.
C’est précisément ce que les propriétaires ne comprennent pas. Ils affirment avoir payé les frais de transport qui leur avaient été demandés et avoir fourni l’ensemble des documents nécessaires.
Selon les informations communiquées au client, la société saoudienne serait liée à la propriété des véhicules, tandis que la société avec laquelle les Tunisiens avaient directement contracté était établie au Qatar. Une situation qui aurait encore davantage compliqué une affaire déjà difficile à comprendre pour les propriétaires.

