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Tunisie–États-Unis : ce que révèle l’interview de Bill Bazzi à « La Presse »

11 août 2026
in Interviews
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Tunisie–États-Unis : ce que révèle l’interview de Bill Bazzi à « La Presse »
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Dans une interview accordée à « La Presse » et publiée ce lundi 10 août, conduite par Meriem Khdimallah, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, évoque les principaux axes de la coopération bilatérale. Au-delà des déclarations sur l’investissement, la jeunesse ou la sécurité, ses réponses permettent de discerner une approche américaine qui semble accorder une place croissante aux intérêts économiques, à l’entrepreneuriat et aux relations avec les nouvelles générations, tout en insistant sur le respect de la souveraineté tunisienne.

L’entretien intervient dans un contexte régional et international marqué par de profondes recompositions. La Tunisie cherche, de son côté, à diversifier ses partenariats et à préserver une marge de manœuvre dans ses choix économiques et diplomatiques. Dans ce contexte, les propos de Bill Bazzi prennent une dimension particulière.

Un partenariat davantage tourné vers l’économie

L’un des éléments les plus significatifs de l’interview est l’importance accordée par l’ambassadeur à l’investissement américain en Tunisie.

Bill Bazzi met en avant la volonté de l’ambassade de faciliter les contacts entre entreprises américaines et partenaires tunisiens et d’encourager davantage d’investissements. Cette priorité traduit une évolution intéressante de la relation bilatérale : l’économie apparaît désormais comme un instrument central du partenariat américain avec la Tunisie.

L’objectif ne semble plus se limiter à l’accompagnement de programmes de coopération. Il s’agit aussi d’inciter les entreprises américaines à regarder davantage vers le marché tunisien et à identifier des opportunités susceptibles de déboucher sur des projets concrets.

Pour une Tunisie confrontée à la nécessité de relancer l’investissement et de créer davantage d’emplois, cette dimension économique est évidemment stratégique.

La jeunesse au cœur de la relation

Autre thème récurrent de l’interview : la jeunesse.

L’ambassadeur insiste sur le soutien aux jeunes Tunisiens, l’entrepreneuriat, l’innovation et les nouvelles technologies. Cette orientation mérite d’être relevée car elle dépasse la coopération institutionnelle traditionnelle.

En développant des programmes dans ces domaines, les États-Unis cherchent aussi à renforcer les liens avec une génération de Tunisiens qui évolue dans un environnement économique et technologique profondément différent de celui des générations précédentes.

L’entrepreneuriat devient ainsi à la fois un outil de développement économique et un moyen de renforcer les échanges entre les deux pays.

La souveraineté tunisienne comme message de confiance

L’un des points les plus sensibles de l’entretien concerne la souveraineté.

Bill Bazzi affirme que les États-Unis respectent pleinement la souveraineté de la Tunisie et ses institutions. Cette précision revêt une importance particulière dans le contexte actuel des relations de la Tunisie avec ses partenaires occidentaux.

Elle peut être interprétée comme une volonté américaine de rassurer les autorités tunisiennes et d’éviter que la coopération bilatérale soit perçue comme une forme d’ingérence dans les affaires intérieures du pays.

Le choix de mettre en avant ce principe est d’autant plus significatif que Tunis insiste depuis plusieurs années sur la nécessité de relations internationales fondées sur le respect mutuel et l’égalité entre États.

Sécurité : une coopération qui demeure essentielle

L’entretien montre toutefois que la dimension sécuritaire reste un élément important de la relation tuniso-américaine.

La position géographique de la Tunisie, son environnement régional et les défis liés à la sécurité en Méditerranée et en Afrique du Nord continuent de lui conférer une importance particulière aux yeux de Washington.

Mais la coopération sécuritaire semble désormais être envisagée dans un cadre plus large, associant sécurité, stabilité et développement économique.

Cette approche revient à considérer que la stabilité d’un pays ne dépend pas uniquement de ses capacités sécuritaires, mais également de sa capacité à offrir des perspectives économiques à sa population, notamment à sa jeunesse.

Une présence américaine qui cherche à changer de visage

C’est peut-être là l’un des principaux enseignements de l’entretien.

À travers les réponses de Bill Bazzi, on perçoit une volonté de donner à la présence américaine en Tunisie une dimension plus économique et technologique. L’ambassade veut être davantage un intermédiaire entre les entreprises, les investisseurs, les institutions scientifiques et les jeunes entrepreneurs.

Cette orientation intervient alors que la Tunisie cherche elle-même à attirer de nouveaux investissements, à diversifier ses partenaires et à renforcer son intégration dans les chaînes de valeur internationales.

Pour Washington, l’enjeu est également stratégique. Dans une région où les influences étrangères se recomposent rapidement, maintenir une relation étroite avec la Tunisie passe nécessairement par des liens qui dépassent le seul cadre politique.

Le test des résultats

L’interview de Bill Bazzi ouvre donc plusieurs pistes, mais elle pose aussi une question essentielle : quelle traduction concrète sera donnée à ces intentions ?

Les investissements américains augmenteront-ils réellement ? De nouveaux projets seront-ils lancés ? Les jeunes entrepreneurs tunisiens bénéficieront-ils de programmes plus importants ? Les échanges scientifiques et technologiques pourront-ils changer d’échelle ?

C’est sur ces questions que sera jugée la portée réelle de cette nouvelle orientation.

Car au-delà des déclarations de l’ambassadeur dans La Presse, ce qui est en jeu est la capacité des deux pays à transformer une relation diplomatique ancienne en un partenariat économique, technologique et humain davantage fondé sur des intérêts réciproques et des résultats tangibles.

L’interview de Bill Bazzi donne en tout cas le sentiment que Washington souhaite préserver et renforcer sa relation avec Tunis, mais en privilégiant désormais une approche plus pragmatique : moins de posture, davantage de projets ; moins de principes abstraits, davantage d’intérêts communs.

Tags: ambassadeur américainBill BazziLa PresseTunisie-Etats Unis
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