L’ambassade américaine en Tunisie a publié sur sa page Facebook une peinture datant de 1920, mettant à l’honneur un vêtement emblématique du patrimoine vestimentaire tunisien : la jebba. À travers cette œuvre du peintre américain Guy Rose (1867-1925), c’est une Tunisie d’il y a plus d’un siècle qui ressurgit, sous le regard d’un artiste fasciné par la lumière, les couleurs et les traditions du pays.
Intitulée Early Morning – Summertime (« Tôt le matin – Été »), la toile a été réalisée en 1920. Il s’agit d’une peinture à l’huile sur toile, classée dans le courant impressionniste.
« Une jebba tunisienne en été, capturée à travers un regard américain », écrit l’ambassade dans sa publication, avant de rappeler que Guy Rose avait immortalisé la beauté de ce vêtement traditionnel tunisien dans son œuvre.
Le choix de cette peinture est loin d’être anodin. La jebba, vêtement masculin traditionnel, occupe depuis des siècles une place importante dans le patrimoine vestimentaire tunisien. Elle n’est pas seulement une pièce de costume : elle est associée à une histoire, à des savoir-faire artisanaux et à une certaine élégance qui ont traversé les générations.
Mais la publication américaine permet surtout de redécouvrir une page méconnue de l’histoire des regards étrangers portés sur la Tunisie. Au début du XXᵉ siècle, le pays attirait déjà peintres, écrivains, voyageurs et artistes venus d’Europe et d’Amérique, séduits par sa lumière, ses paysages, ses costumes et la richesse de sa culture.
Guy Rose s’inscrit dans cette histoire. Peintre impressionniste américain, il est notamment connu pour ses paysages et ses portraits. Son catalogue comprend également un Portrait of an Algerian, réalisé en 1900, preuve de l’intérêt qu’il portait déjà au Maghreb.
Un siècle plus tard, la toile acquiert une nouvelle dimension. Ce qui pouvait apparaître à l’époque comme le regard d’un artiste étranger sur une société lointaine constitue aujourd’hui un précieux témoignage visuel sur une Tunisie dont les modes de vie et les traditions vestimentaires ont profondément évolué.
La jebba représentée par Guy Rose devient ainsi, au-delà de la peinture, un fragment de mémoire tunisienne conservé dans le regard d’un artiste américain.
La publication de l’ambassade rappelle aussi que les échanges entre la Tunisie et les États-Unis ne se limitent pas aux relations diplomatiques contemporaines. Ils s’inscrivent dans une histoire plus ancienne faite de voyages, de découvertes, de rencontres culturelles et de fascination réciproque.
Et il y a quelque chose de particulièrement symbolique à voir, en 2026, cette jebba tunisienne peinte en 1920 refaire surface sur la page de la représentation diplomatique américaine.
Cent six ans après, le vêtement n’est plus seulement posé sur une toile : il raconte une Tunisie d’autrefois, son élégance, son artisanat et une identité culturelle qui continue de traverser le temps.
B.O

