La reprise du championnat tunisien de football, programmée ce samedi 22 août à 16 h 30, soulève de nouveau une question qui mérite d’être posée avec insistance : est-il vraiment raisonnable de faire jouer des footballeurs et de réunir des milliers de spectateurs dans des stades en pleine canicule, en milieu d’après-midi ?
À cette période de l’année, la chaleur estivale est particulièrement éprouvante. Or, pratiquer un sport de haut niveau pendant 90 minutes sous un soleil intense constitue une contrainte supplémentaire pour les organismes. Les joueurs sont exposés à un risque accru de déshydratation, d’épuisement lié à la chaleur et de baisse des capacités physiques. Le public, lui aussi, n’est pas épargné : enfants, personnes âgées et spectateurs vulnérables peuvent particulièrement souffrir de températures élevées et d’une exposition prolongée au soleil.
La question n’est donc pas de savoir si le football peut se jouer en été, mais dans quelles conditions il doit se jouer.
Pourquoi maintenir des rencontres à 16.30 alors qu’une alternative semble évidente : programmer les matchs en nocturne ?
Cette solution paraît d’autant plus logique que plusieurs des principaux stades tunisiens disposent d’installations d’éclairage permettant d’organiser des rencontres en soirée. Les enceintes de Radès, Sousse, Bizerte, Zouiten, Monastir et Sfax sont notamment équipées pour accueillir des matchs dans de telles conditions.
Jouer à 19 heures, 20 heures ou 21 heures permettrait de réduire considérablement l’exposition à la chaleur et au soleil, tout en offrant de meilleures conditions de jeu. Les joueurs pourraient évoluer dans un environnement plus supportable et les supporters pourraient assister aux rencontres avec davantage de confort.
Il ne s’agit pas simplement d’une question de confort ou de spectacle. La santé et la sécurité doivent rester prioritaires. Le football professionnel exige des joueurs des efforts physiques considérables. Ajouter à ces efforts une chaleur excessive en début d’après-midi n’est pas sans conséquences.
À l’heure où le football international accorde une importance croissante à la prévention des risques liés aux fortes chaleurs, le football tunisien devrait lui aussi intégrer davantage ces paramètres dans la programmation de ses rencontres.
Alors, pourquoi ne pas profiter pleinement des infrastructures disponibles ?
Pourquoi ne pas faire du match nocturne la norme pendant les périodes de forte chaleur ?
Pourquoi exposer joueurs et spectateurs à des conditions difficiles alors qu’une solution technique existe déjà dans plusieurs stades ?
Le football doit rester une fête, pas une épreuve imposée par la chaleur. La reprise du championnat est toujours un moment attendu avec impatience par les passionnés. Elle mérite des conditions dignes des joueurs, des clubs et surtout des supporters qui se déplacent pour vivre leur passion.
Le 22 août à 16,30 en pleine canicule, le débat est donc légitime. Et il serait peut-être temps que les responsables de la programmation se posent sérieusement cette question : si les stades permettent de jouer la nuit, pourquoi continuer à jouer sous un soleil de plomb ?
Hamza Ben Mrad

