Coupures d’électricité et de l’eau à répétition, pénurie de médicaments vitaux, d’eau, de pain… distributeurs hors service en pleine canicule : le récit d’une journée banale dans la vie d’une jeune Tunisienne dresse un tableau alarmant de l’état des infrastructures de base dans le pays.
Il n’aura fallu qu’une seule journée pour résumer, à travers un enchaînement de mésaventures, l’ampleur d’une crise que beaucoup de Tunisiens vivent au quotidien. Une jeune femme originaire de Tunis a accepté de témoigner de ce qu’elle a traversé hier, entre coupures de courant, pénurie de médicaments et difficultés d’accès aux soins.
Un centre médical plongé dans l’obscurité
Tout commence par une consultation de routine dans un centre médical du « Lac 2 ». Sur place, la jeune femme découvre les lieux plongés dans le noir complet. Faute d’électricité, le médecin est contraint de mener sa consultation à la lumière d’une lampe torche. Une scène qui interroge sur les conditions dans lesquelles sont aujourd’hui prodigués les soins de base dans certaines structures du pays.
Une chasse aux distributeurs sous une chaleur écrasante
Une fois la consultation terminée, un nouvel obstacle attend la jeune femme : le paiement. En pleine canicule, alors que le mercure affiche 50 degrés, elle doit parcourir plusieurs quartiers à la recherche d’un distributeur automatique fonctionnel. En cause, là encore : des coupures d’électricité généralisées qui rendent le paiement par carte bancaire impossible alors que la quasi-totalité des distributeurs inopérants.
Des médicaments vitaux introuvables
Le soir venu, direction la pharmacie, où l’attend une nouvelle épreuve. Le médicament recherché depuis plusieurs jours s’avère être en rupture de stock, non pas dans un seul établissement, mais dans l’ensemble du pays. Une situation qui ne se limite d’ailleurs pas à un cas isolé : de nombreux médicaments jugés vitaux, nécessaires à la survie de patients atteints de maladies chroniques, se retrouveraient aujourd’hui en pénurie dans les pharmacies tunisiennes, laissant des malades sans traitement du jour au lendemain.
Une nuit dans le noir, coupée du monde
Rentrée chez elle, la jeune femme se retrouve de nouveau confrontée à une coupure d’électricité. Elle passera la nuit entière dans l’obscurité totale, sans possibilité de recharger son téléphone, se retrouvant de fait coupée de tout moyen de communication. Une situation d’autant plus préoccupante qu’elle prive les habitants de toute possibilité d’alerte en cas d’urgence.
Même une bouteille d’eau devient un luxe
Plus tôt dans la journée, en pleine canicule, elle avait dû multiplier les commerces à la recherche d’une simple bouteille d’eau, produit pourtant considéré comme de première nécessité, particulièrement en période de forte chaleur. Un basique introuvable, symbole selon elle d’un dysfonctionnement généralisé.
Le privé n’est plus une garantie
Au-delà de son propre témoignage, la jeune femme pointe un problème plus large : même les Tunisiens disposant des moyens financiers pour se tourner vers le secteur privé ne sont plus à l’abri. Les cliniques et cabinets privés seraient eux aussi touchés par les coupures d’électricité à répétition, avec des équipements médicaux endommagés ou hors service. Une réalité qui, selon elle, abolit toute distinction entre riches et pauvres face au risque : lorsqu’un appareil médical tombe en panne en pleine urgence, la question du niveau de vie du patient devient secondaire.
« Je commence sérieusement à penser au départ »
Ce témoignage se conclut sur une note personnelle. La jeune Tunisienne qui affirme avoir toujours cru en un avenir meilleur pour son pays, et avoir toujours juré de ne jamais le quitter, elle confie qu’une journée comme celle-ci l’amène désormais à envisager sérieusement un départ. Un constat qui, selon elle, reflète le sentiment d’une partie de la jeunesse tunisienne face à la dégradation des services essentiels.
« On ne mérite pas ça. On mérite d’être soignés dans la dignité, d’avoir de l’eau, de l’électricité, un minimum », conclut-elle.
I.M

