La Tunisie s’apprête à étudier la faisabilité d’un projet pilote de centrale photovoltaïque flottante au barrage de Sidi El Barrak, dans le gouvernorat de Béja. Un atelier consacré au lancement de cette étude approfondie s’est tenu jeudi à Tunis, à l’initiative du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de coopération technique « TECH-EAU », qui vise notamment à réduire les pertes d’eau dues à l’évaporation dans les barrages.
Menée dans le cadre du partenariat entre le ministère de l’Agriculture et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’étude est mise en œuvre par le Centre méditerranéen des énergies renouvelables (MEDREC). Elle vise à évaluer le potentiel de solutions innovantes permettant de conjuguer production d’énergie renouvelable et gestion optimale des ressources hydriques.
Lors de l’atelier, le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, a rappelé que les barrages et les lacs de montagne sont confrontés à d’importantes pertes d’eau liées à l’évaporation. Il a souligné l’intérêt stratégique des centrales photovoltaïques flottantes, qui permettent à la fois de produire une énergie propre et de couvrir une partie de la surface des plans d’eau, limitant ainsi leur exposition au soleil et au vent et, par conséquent, le phénomène d’évaporation.
Le ministre a précisé que le projet pilote de Sidi El Barrak permettra de tester cette technologie et d’en mesurer les performances techniques, environnementales et économiques, dans les conditions climatiques tunisiennes. En fonction des résultats obtenus, cette solution pourrait être envisagée à plus grande échelle.
Ezzeddine Ben Cheikh a également insisté sur le rôle stratégique du secteur de l’eau dans la souveraineté nationale et le développement économique. Celui-ci fait face à des pressions croissantes sous l’effet du changement climatique, de la hausse des températures et de la multiplication des épisodes de sécheresse.
Dans ce contexte, le ministère réaffirme son soutien aux initiatives scientifiques et technologiques susceptibles de contribuer à la lutte contre la pénurie d’eau et au renforcement de la sécurité hydrique du pays.
L’atelier a par ailleurs permis de présenter le projet « TECH-EAU », le cadre général de l’étude ainsi que le site retenu au niveau du barrage de Sidi El Barrak. Les participants ont également examiné l’état d’avancement des travaux, les domaines d’intervention, la méthodologie retenue, les perspectives économiques et les prochaines étapes de mise en œuvre.
Les discussions ont notamment porté sur les différents défis liés à l’installation d’une centrale photovoltaïque flottante, qu’ils soient techniques, hydrauliques, environnementaux, énergétiques, organisationnels ou économiques.
Enfin, les participants ont souligné la nécessité d’une coordination étroite entre les différents intervenants afin de garantir le bon déroulement de l’étude et d’évaluer, dans les meilleures conditions, la faisabilité de cette technologie au barrage de Sidi El Barrak.

