La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a appelé, ce samedi 5 septembre 2026, à la libération immédiate du journaliste Mohamed Yousfi, placé en garde à vue après son interpellation, la veille, devant les locaux de la radio Express FM.
Dans un communiqué publié à cette occasion, la FIJ a indiqué s’associer à son affilié, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), pour réclamer la remise en liberté de Mohamed Yousfi ainsi que celle des autres professionnels des médias actuellement détenus.
Le journaliste avait été interpellé vendredi 4 septembre devant le siège d’Express FM, alors qu’il se rendait à une émission consacrée à la politique de l’eau. Il avait ensuite été conduit à la troisième brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, à El Aouina, avant d’être placé en garde à vue samedi.
Le SNJT dénonce une atteinte au travail journalistique
Dans le communiqué de la FIJ, le président du SNJT et vice-président de la Fédération internationale des journalistes, Zied Dabbar, a estimé que l’arrestation de Mohamed Yousfi était « directement liée à son travail journalistique indépendant et à ses prises de position critiques ».
« Lorsqu’un journaliste peut être arrêté sur le chemin d’un studio de radio, c’est à toute la profession qu’un message d’intimidation est adressé », a-t-il déclaré.
La FIJ dénonce la « criminalisation du journalisme indépendant »
Le secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, a, pour sa part, exprimé son soutien à Mohamed Yousfi, soulignant son « engagement, son courage et son attachement à un journalisme libre, rigoureux et de qualité ».
Il a également vivement critiqué les autorités tunisiennes, estimant que l’arrestation du journaliste s’inscrivait dans une « politique répressive » visant les professionnels des médias.
« La Tunisie s’enfonce chaque jour davantage dans la criminalisation du journalisme indépendant », a-t-il déclaré, appelant à « la libération immédiate de Mohamed et de tous les journalistes détenus ».
Dans son communiqué, la FIJ a par ailleurs évoqué les cas de Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes, détenus depuis mai 2024, ainsi que celui de Zied El Heni, arrêté en avril 2026 et condamné à un an de prison.
Le SNJT avait également appelé auparavant à la libération du journaliste et réaffirmé la nécessité de protéger la liberté de la presse et l’exercice du métier de journaliste.

