La Fédération nationale du transport relevant de l’UTICA et la Chambre nationale du transport des matières dangereuses ont publié, ce lundi soir, un communiqué explicatif concernant la grève des chauffeurs du secteur du transport des carburants, prévue les 23 et 24 septembre.
Les représentants syndicaux ont réaffirmé leur détermination à maintenir ce mouvement tant qu’aucune réunion de conciliation n’aura été convoquée et qu’une solution n’aura pas été trouvée aux revendications des travailleurs, notamment en matière de couverture sociale.
En réponse, les deux structures professionnelles relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) démentent les informations faisant état d’un défaut généralisé de couverture sociale et affirment que les entreprises du secteur respectent leurs obligations légales. Elles estiment, par ailleurs, que tout arrêt de travail dans les conditions actuelles serait illégal.
Dans leur communiqué, la Chambre nationale du transport des matières dangereuses et la Fédération nationale du transport précisent :
1. Respect de la couverture sociale
Les entreprises du secteur respectent la législation en vigueur en matière de couverture sociale, déclarent leurs salariés et leur garantissent des conditions de sécurité professionnelle conformes aux normes internationales.
Selon le communiqué, les difficultés financières rencontrées par seulement deux entreprises, qui ont entraîné un retard dans le paiement de leurs cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ne sauraient justifier une grève susceptible d’affecter l’approvisionnement du marché, de perturber les déplacements des citoyens et de ralentir l’activité économique. Les deux entreprises concernées auraient, précise le communiqué, depuis régularisé leur situation auprès de la CNSS.
2. Le procès-verbal du 2 mai 2019
La demande d’application du procès-verbal de la réunion du 2 mai 2019 est, selon les organisations professionnelles, « sans fondement ». Elles affirment que cet accord a été abandonné et annulé depuis plus de sept ans, en raison notamment du non-respect de ses dispositions par les chauffeurs et les organisations syndicales, ainsi que de son dépassement par l’accord général relatif aux augmentations salariales pour la période 2022-2024.
3. Les augmentations salariales
La Fédération nationale du transport affirme que les entreprises du secteur ont respecté le versement des augmentations légales convenues pour les années 2018 et 2019, ainsi que celles prévues dans le cadre du programme d’augmentations salariales pour la période 2022-2024.
Elle indique également que les entreprises ont appliqué les augmentations prévues par les décrets présidentiels en date du 30 avril 2026, portant sur la période 2026-2028.
Le communiqué souligne par ailleurs que toutes les révisions des tarifs de transport décidées par l’État à travers le mécanisme d’ajustement géographique ont été intégralement affectées au financement des augmentations salariales et à la hausse des coûts des carburants.
Ces révisions tarifaires demeurent toutefois, selon les organisations professionnelles, insuffisantes pour couvrir les coûts et répondre aux revendications du secteur.
4. Absence de préavis de grève légal
Les entreprises de transport des carburants affirment n’avoir reçu aucun préavis de grève légal, conformément aux dispositions de l’article 376 et des articles suivants du Code du travail.
Elles considèrent, en conséquence, que tout arrêt de travail ou toute entrave à la circulation des camions de transport de carburants constituerait un acte illégal.
5. Maintien de l’approvisionnement
La Fédération nationale du transport affirme que les sociétés de distribution pétrolière, les entreprises de transport des carburants ainsi que les stations-service sont mobilisées afin d’assurer l’approvisionnement des stations en quantités nécessaires et de maintenir leur activité durant les 23 et 24 septembre.
6. Le dialogue social se poursuit
Enfin, les organisations professionnelles affirment que le dialogue social entre les entreprises et leurs salariés n’a pas été interrompu au niveau des établissements et qu’il se poursuit afin de résoudre, le cas échéant, les difficultés rencontrées dans le secteur.

