Près de 200 étudiants tunisiens inscrits en master en Italie seraient confrontés à une situation administrative qui compromet la poursuite de leur parcours universitaire.
Depuis près de neuf mois, leurs dossiers seraient bloqués et ils se retrouveraient privés de leurs titres de séjour, les exposant notamment à un risque d’expulsion et à une situation d’impasse administrative.
Dans une déclaration accordée à Diwan FM, le représentant des étudiants tunisiens en Italie, Samir Taamallah, a expliqué que cette situation serait survenue après l’arrivée des étudiants en Italie.
Ceux-ci étaient munis de visas en règle ainsi que d’autorisations préalables d’inscription en master dans plusieurs spécialités, notamment le génie mécanique, le génie électrique, la sociologie et les sciences du sport.
Des étudiants contraints de changer d’université
Selon Samir Taamallah, certaines universités italiennes, parmi lesquelles l’Université de Pise, auraient demandé aux étudiants de passer, après leur arrivée, un test oral de langue italienne. Plusieurs d’entre eux auraient échoué à cette épreuve, alors qu’ils disposeraient, selon le représentant des étudiants, d’un niveau jugé satisfaisant en italien.
Il déplore notamment le fait que l’Université de Pise n’aurait pas proposé à certains étudiants de nouvelles possibilités pour repasser le test. Ces derniers se seraient alors retrouvés face à un choix difficile : quitter l’Italie ou clôturer leur dossier universitaire.
Selon Samir Taamallah, cette situation serait différente dans d’autres établissements italiens, qui permettraient aux étudiants concernés de bénéficier de plusieurs possibilités afin de régulariser leur situation.
Face à ces difficultés, plusieurs étudiants auraient décidé de changer d’université et de rejoindre d’autres établissements ayant accepté leur inscription. Certains auraient ainsi pu poursuivre leur cursus, valider leur première année de master et s’acquitter de leurs frais d’inscription.
Le « Permesso di soggiorno » au cœur du blocage
Ce changement d’établissement universitaire aurait toutefois été considéré par les autorités italiennes comme un dépassement du cadre de l’autorisation initiale, selon Samir Taamallah.
Cette situation aurait entraîné le gel des dossiers administratifs des étudiants ainsi que le refus de délivrer leurs permis de séjour, communément appelés en Italie « Permesso di soggiorno ».
Le blocage administratif aurait également des conséquences sur leur parcours universitaire. Malgré la réussite de leur première année de master, certains étudiants ne pourraient pas s’inscrire en deuxième année, les établissements exigeant la présentation d’un titre de séjour en cours de validité.
La situation durerait depuis huit à neuf mois et placerait certains étudiants dans des conditions de vie particulièrement difficiles. Samir Taamallah souligne notamment les difficultés rencontrées par ceux qui ne disposent pas de proches en Italie et qui, faute de titre de séjour, ne peuvent pas travailler légalement pour subvenir à leurs besoins.

