Le spécialiste en sciences sociales Hedi Dahmane a tiré la sonnette d’alarme, jeudi 24 septembre 2026, sur l’ampleur du décrochage scolaire en Tunisie, évoquant près de 100.000 élèves qui quittent chaque année le système éducatif.
Invité sur les ondes d’Express FM, Hedi Dahmane a souligné que ces jeunes ne bénéficient pas toujours, après leur sortie de l’école, de structures capables de leur offrir une formation organisée et adaptée aux exigences du marché et aux besoins actuels. Il a également estimé que les centres de formation ne parvenaient plus à répondre pleinement à ces nouvelles exigences.
Selon lui, cette situation reflète les difficultés plus générales auxquelles fait face le système éducatif. Le spécialiste a notamment relevé que l’enseignement avait longtemps privilégié les objectifs quantitatifs au détriment de la qualité, tandis que les méthodes pédagogiques demeurent, selon lui, insuffisamment adaptées aux évolutions de la société.
Face à ces constats, Hedi Dahmane a appelé à procéder à une évaluation approfondie du système éducatif. Il a préconisé que cette évaluation soit confiée à des spécialistes indépendants des structures administratives concernées, afin de garantir davantage d’objectivité dans le diagnostic.
Le spécialiste a également estimé que l’expérience éducative avait « peu changé depuis les années 1960 », malgré les différentes réformes et adaptations introduites au fil des décennies. Il considère que la réforme doit notamment concerner les méthodes pédagogiques, la formation du personnel éducatif, l’organisation du temps scolaire ainsi que la relation entre l’enseignant et l’élève.
Enfin, Hedi Dahmane a insisté sur le coût social du décrochage scolaire, qu’il juge largement supérieur à celui qu’impliquerait une réforme en profondeur des programmes et des méthodes d’enseignement. Il a ainsi rappelé que « l’investissement dans le savoir est un investissement dans l’avenir ».

