L’Institut Pasteur de Tunis (IPT) mène, depuis 2023, des recherches sur les facteurs génétiques susceptibles d’expliquer le déclin des capacités cognitives chez certains patients diabétiques et l’évolution de leur état vers la maladie d’Alzheimer, dans l’objectif de favoriser le dépistage précoce des personnes à risque et d’améliorer leur prise en charge.
S’exprimant lors d’une journée scientifique organisée par la Cité des sciences à Tunis en collaboration avec l’association Alzheimer Tunisie, sous le thème « Alzheimer : innovation, prévention et accompagnement », la professeure en génétique à l’Institut Pasteur, Rim Kefi, a indiqué que les dernières études montrent qu’environ 70 % des personnes atteintes de diabète sont exposées à un déclin de leurs capacités cognitives, ce qui pourrait accroître leur risque de développer la maladie d’Alzheimer.
Elle a précisé qu’une équipe de spécialistes de l’IPT travaille depuis plusieurs années à identifier les facteurs susceptibles de rendre certains patients diabétiques plus vulnérables au déclin cognitif et à l’apparition d’Alzheimer, avec un intérêt particulier, depuis 2023, pour les facteurs génétiques associés au développement de la maladie dans cette population.
L’équipe mène actuellement une étude pilote portant sur 100 échantillons prélevés auprès de patients diabétiques, afin d’identifier des marqueurs permettant de mieux comprendre le lien entre les deux maladies et de repérer précocement les personnes présentant un risque accru de développer Alzheimer.
La chercheuse a souligné que l’étude n’est pas encore achevée et devrait être élargie à un nombre plus important de patients diabétiques. Les résultats définitifs devraient être disponibles au cours des prochaines années.
Ces recherches pourraient, à terme, contribuer à la mise au point d’analyses sanguines et de tests génétiques permettant d’évaluer, chez les patients diabétiques, leur prédisposition à développer la maladie d’Alzheimer. Un tel dépistage permettrait d’identifier plus tôt les signes associés à la maladie et d’intervenir à un stade précoce afin de limiter sa progression.
Ouverte au grand public, la journée scientifique sur l’Alzheimer vise à sensibiliser aux troubles neurodégénératifs, à présenter les avancées médicales et scientifiques récentes et à échanger avec des experts, chercheurs, associations et aidants.

