Les ressortissants du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie représentent 36 % des acquisitions de la nationalité française enregistrées au cours des vingt dernières années. C’est ce que révèle une étude réalisée conjointement par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) et l’Observatoire de l’immigration et de la démocratie (OID).
Selon ce rapport, les Marocains arrivent en tête des nationalités concernées, avec environ 400 000 acquisitions de la nationalité française. Ils représentent, à eux seuls, près d’un sixième de l’ensemble des personnes devenues françaises durant cette période.
L’étude souligne également que 83 % des ressortissants algériens ayant acquis une nationalité d’un pays de l’Union européenne ont choisi la nationalité française. Cette proportion atteint 61 % chez les Tunisiens.
Plus largement, depuis 2000, près de trois millions de personnes nées étrangères ont acquis la nationalité française. Parmi elles, 1,6 million l’ont obtenue par naturalisation par décret, 770 000 au titre du droit du sol différé et 560 000 à la suite d’un mariage avec un ressortissant français. Le nombre de naturalisations enregistrées durant le premier quart du XXIe siècle est ainsi deux fois supérieur à celui observé au cours du dernier quart du XXe siècle, selon les auteurs de l’étude.
Le rapport met également en évidence le poids du continent africain dans ces acquisitions : 61,5 % des personnes devenues françaises entre 2004 et 2023 seraient originaires d’Afrique.
Parallèlement, la proportion d’étrangers dans la population française est passée de 5,5 % en 1999 à 9,1 % en 2025. Les auteurs de l’étude présentent cette évolution comme un niveau historiquement élevé, supérieur aux précédents pics observés à la fin des années 1920 et durant les Trente Glorieuses.
Ces évolutions interviennent dans un contexte de durcissement progressif des conditions d’accès à la nationalité française. Les candidats doivent notamment justifier d’une durée de résidence en France, démontrer leur insertion économique et leur assimilation à la communauté française, ainsi que satisfaire aux exigences liées à leur situation pénale. En 2025, Bruno Retailleau a encore renforcé ces critères au moyen de circulaires.

