La Kasbah de Béja a accueilli, vendredi soir, la cérémonie d’ouverture de la deuxième édition du festival « Fondou Béji », qui se poursuit jusqu’au dimanche 8 novembre. Pour l’occasion, le monument historique a été mis en valeur par un éclairage artistique et des projections lumineuses, offrant une nouvelle lecture de son architecture.
Organisée par l’association « Faka pour la culture et le divertissement », cette manifestation propose un programme mêlant patrimoine, création artistique et technologies numériques.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par des hommages rendus à plusieurs acteurs de la vie culturelle à Béja et dans d’autres régions, notamment des hommes de théâtre, des délégués régionaux aux affaires culturelles, des fondateurs de festivals et de structures culturelles, ainsi que des mécènes.
Un défilé de mode a également permis aux artisanes de Béja de présenter des créations inspirées du costume traditionnel, mettant en valeur le savoir-faire local et le patrimoine vestimentaire de la région.
S’exprimant auprès de la correspondante de l’agence TAP à Béja, la présidente de l’association organisatrice, Rania Abdelli, a indiqué que cette deuxième édition vise à associer authenticité et innovation, avec des activités destinées à différents publics. Elle a notamment souligné que les projections lumineuses sur la Kasbah répondent à une attente des habitants, désireux de voir ce monument historique valorisé à travers de nouvelles formes de mise en scène.
Le festival ambitionne également de faire connaître les personnalités et les sites patrimoniaux de la région et de favoriser la transmission de ce patrimoine aux jeunes générations grâce aux outils numériques.
Dans ce cadre, les organisateurs ont fait appel au laboratoire créatif « Medd », relevant du Centre international de Tunis pour la culture numérique, spécialisé dans l’intégration des technologies numériques à la valorisation du patrimoine. La gastronomie régionale sera également représentée à travers la présentation de spécialités culinaires de Béja.
Le programme comprend par ailleurs plusieurs activités destinées aux jeunes. Les étudiants pourront découvrir les travaux du laboratoire créatif au sein de la cité universitaire, tandis que les enfants participeront au jeu interactif « La clé de la ville », consacré à la découverte du patrimoine local.
Les scouts de Béja prendront part à des activités de découverte de la médina, alors qu’un colloque scientifique sera consacré à l’histoire et à la place des portes dans l’organisation urbaine et patrimoniale de la cité.
Un monument marqué par plusieurs civilisations
La Kasbah de Béja constitue un témoignage de l’histoire militaire et politique de la ville. Édifiée à l’origine par les Carthaginois sous la forme d’un petit fort au Ier siècle avant J.-C., elle fut détruite puis reconstruite à l’époque romaine.
Au XVIe siècle, les Hafsides y aménagèrent une forteresse équipée de quatorze canons. Les Ottomans y installèrent par la suite une garnison de janissaires, avant que l’armée française n’en fasse son quartier général au XIXe siècle.
À travers cette deuxième édition, le festival « Fondou Béji » entend ainsi contribuer à la valorisation de ce patrimoine historique en associant animations culturelles, médiation numérique et activités éducatives.
Avec TAP
