Le Monde : la « succession dynastique » à Nidaa Tounés porte le malaise à son paroxysme

 Le Monde : la « succession dynastique » à Nidaa Tounés porte le malaise à son paroxysme

 

Sous le titre : « En Tunisie, le parti au pouvoir Nidaa Tounès s’affaiblit dans une crise sans fin », le quotidien « Le Monde », consacre un article sur la situation politique en Tunisie, signé par son correspondant à Tunis Frédéric Bobin.

Pour lui, « l’effervescence qui agite la scène politique tunisienne depuis quelques mois n’est pas seulement due à une mise en ordre de bataille avant les élections municipales prévues le 17 décembre (..), c’est aussi parce que Nidaa Tounès, le parti qui domine la coalition au pouvoir à Tunis, traverse une crise profonde et que ses déboires libèrent une cohorte d’ambitions concurrentes ».

Il signale la constitution le 2 avril, du « Front du salut et du progrès », conçu « comme un regroupement transversal de partis, ou factions de partis, visant à détrôner l’actuelle alliance dirigeante entre Nidaa Tounès et le parti islamiste Ennahda ».

Selon lui, pour les inspirateurs de ce front, « Nidaa Tounès, dont le socle est pourtant l’anti-islamisme, est devenu trop faible pour s’opposer au jeu d’Ennahda ». « Depuis sa victoire aux élections législatives et présidentielle de 2014, Nidaa Tounès est, de fait, rongé par des querelles d’appareils et une hémorragie de ses cadres au point de jeter un doute sur la solidité de la transition démocratique tunisienne, tant louée à l’étranger », ajoute-t-il.

Pour le journaliste, « la conquête de l’appareil par Hafedh Caïd Essebsi a déchaîné les passions. Le parti était déjà fragilisé par la disparition de sa raison d’être idéologique – l’anti-islamisme – rendue caduque par la formation d’un gouvernement de coalition avec Ennahda à partir de début 2015. La violente controverse autour de la « succession dynastique » – le fils remplaçant le père à la tête du parti – a porté le malaise à son paroxysme ».

Selon lui, « le gouvernement de Youssef Chahed, chargé de piloter des réformes sensibles sous la pression des bailleurs de fonds de la Tunisie, notamment le Fonds monétaire international, est ainsi affaibli, car il ne peut compter sur un appui partisan dynamique. Dès lors, souligne-t-il, le rôle d’Ennahda, partenaire loyal et discipliné de la coalition, s’en trouve mécaniquement renforcé. C’est là ce qui inquiète de nombreux militants historiques de Nidaa Tounès qui avaient rejoint le parti pour contrer le projet islamiste, qualifié d’antinomique au « modèle tunisien ».

« Si Ennahda ne rencontre aucun contrepoids, il va inévitablement essayer de changer le modèle tunisien. La transition en Tunisie sera alors en danger », avertit M. Ridha Bel Haj, le chef de file des opposants à Hafedh Caïd Essebsi. Fondée au pas, l’appréhension a saisi une grande partie de l’électorat de Nidaa Tounès, sensible, dès lors, aux vents de la dissidence », conclut le correspondant du Monde.

Lire : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/04/14/en-tunisie-nidaa-tounes...

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