La polémique s’est intensifiée ces derniers jours concernant l’intention de la ministre de la Culture Amina Srarfi de transformer le Festival de Boukornine d’un festival international en festival maghrébin.
Plusieurs voix se sont élevées contre cette orientation, notamment de la part de certaines associations de la société civile à Hammam Lif, estimant que cette nouvelle classification porterait atteinte à la valeur de ce festival historique, qui célébrera cet été sa 44ᵉ édition.
Les voix critiques considèrent que la classification des festivals artistiques (international, maghrébin ou local) ne peut être décidée de manière unilatérale.
Elle devrait plutôt reposer sur un ensemble de critères et impliquer plusieurs parties prenantes, notamment les organisateurs du festival, les acteurs culturels locaux, la municipalité, les associations culturelles ainsi que le ministère de la Culture.
Ils reconnaissent toutefois le rôle important du ministère, notamment en matière de financement, de soutien et de cadre réglementaire, mais estiment qu’il ne peut décider seul sans concertation.
À l’inverse, d’autres estiment que cette polémique est exagérée. Selon eux, le Festival de Boukornine, même à son apogée, était un festival international à vocation maghrébine, axé sur la découverte de jeunes talents. Il a d’ailleurs constitué un tremplin pour plusieurs artistes maghrébins, tels que Samira Said, Leila Ghofrane, Mohamed Jebali, Abdou Diriassa, Bent El Meiddah, Olfa Ben Romdhane, Anis Khamassi….
Selon cette vision, la classification des festivals devrait se baser sur des critères précis, tels que :
- la participation d’artistes de différents pays ;
- la présence d’un public ou d’invités internationaux ;
- une couverture médiatique internationale ;
- des partenariats avec des institutions culturelles ou médiatiques internationales.
Or, ces éléments ne sont plus réellement réunis depuis la révolution, ce qui a progressivement fait perdre au festival son rayonnement international, au profit d’un caractère plus local.
Malgré la divergence des opinions, un point fait consensus : la classification ne devrait pas être une décision unilatérale du ministère, mais le résultat d’un équilibre entre décision locale, reconnaissance officielle et réalité de la participation.
Mais l’essentiel demeure toutefois de redonner à ce festival son éclat afin qu’il retrouve sa place parmi les grands rendez-vous culturels estivaux du pays.
Nour Ben Mrad

