
Même si depuis la fameuse révolution, l’anarchie s’est instaurée dans toutes les villes du pays, on peut dire sans risque de se tromper qu’elle s’est instaurée dans son expression la plus sauvage du côté d’Hammam-Lif.
Les constructions anarchiques ont poussé comme des champignons dans tous les quartiers de la ville, tandis que l’occupation de la voie publique est devenue une chose presque banale.
Du côté de la montagne, des citoyens peu recommandables ont même établi leurs quartiers, vendant, avec une incroyable impunité, des lots de terrains publics à certains opportunistes qui se sont empressés de construire des demeures sans aucun permis de bâtir.

Du côté de la corniche, bien que polluée, la plage a été squattée par des commerçants qui ne se sont pas gênés pour s’imposer devant les demeures des citoyens, avec tout ce que cela implique, comme nuisance, à l’instar de la pollution et surtout la pollution sonore.
En effet, en l’absence de tout contrôle, des dizaines de commerçants se sont permis non seulement de s’installer anarchiquement, mais aussi de pourrir la vie des riverains à travers la musique dérangeante qu’ils émettent jusqu’à une heure très tardive de la nuit.
Du côté du carré central et dans diverses rues de la ville, la situation n’est guère meilleure, puisque les Hammam-lifois ne peuvent plus circuler en sécurité, étant donné que les trottoirs, mais aussi les routes sont squattés par des vendeurs ambulants qui n’ont aucune notion de civisme.
Même les fleurons de la ville, qui étaient jadis sa fierté comme le Palais Beylical, le Casino ou le Hammam-Essourri, connaissent une déchéance épouvantable à fendre le cœur de tout Hammam-lifois qui se respecte. Sans compter l’état de délabrement indigne causé à ces bâtiments classés patrimoine de la ville et du pays.

Bref, à Hammam-Lif, la passivité des autorités locales est choquante et l’incivisme de ceux qui s’approprient avec force ce qui ne leur revient pas de droit est on ne peut plus révoltant.
Avant que la ville Beylicale ne devienne carrément invivable, nous ne pouvons qu’espérer que les autorités interviennent pour la sauver, surtout qu’elle a été longtemps oubliée par le régime de Bourguiba, suivi par celui de Ben Ali.
J.B.H.
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