
Pris de court par la violence de la poussée américanophobe, Washington peine à trouver la bonne parade. Et se lance dans des mesures contre-productives qui dissimulent mal la détresse d’une administration à deux mois du scrutin présidentiel.
Les sanctions prises ça et là (Tunis, Khartoum) par l’Oncle Sam sont-elles cohérentes au regard des dégâts causés? Et si notre ministre du Tourisme avait raison d’évoquer une réaction américaine « exagérée » !
Mort d’un ambassadeur US à Benghazi, murs d’enceinte pris d’assaut par des foules enragées, drapeaux brûlés, prêches enflammés et manifestations qui virent à l’émeute…l’engrenage infernal dans lequel étaient plongés les États-Unis et leurs missions diplomatiques à travers le monde arabe ne sera pas oublié de sitôt.Si des renforts militaires ont pu, dans un premier temps, être dépêchés au secours des ambassades et consulats les plus exposés, il en fut autre pour notre pays.
Après l’attaque de son ambassade à Tunis, l’Amérique a tout simplement décidé d’évacuer ses personnels non essentiels du pays. Ainsi une centaine d’Américains, des fonctionnaires et des résidents, ont quitté Tunis à bord d’un avion de Tunisair. L’embarquement s’est déroulé dans un terminal spécial de l’aéroport de Tunis-Carthage, avec une grande discrétion, au moment où des militants salafistes participaient aux obsèques de quatre personnes tuées lors de la manifestation. En même temps, Washington interdit à ses ressortissants de se rendre dans notre pays, et comme si le supplice ne suffisait pas: on nous place sur la liste noire des pays dangereux et infréquentable au même titre que le Soudan, pays connu pour être un véritable soupe au lait.
Si les attaques ont été sévèrement dénoncées par la classe politique et la société civile, il est légitime, d’un autre côté, de se poser cette question. La réaction américaine vis-à-vis de la Tunisie n’est-elle pas disproportionnée !? Si ce n’est pas le cas, ça y ressemble !
Si l’on compare la violence des attaques à Benghazi et son lourd tribut (mort de l’ambassadeur et 4 autres diplomates), il n’est pas indécent de dire que la réaction US de quitter la Tunisie est disproportionnée à l’attaque de l’ambassade Us. Ce qui aurait poussé certains membres de l’opposition à évoquer en catimini de possibles bisbilles entre Ennahdha et son allié US. Un allié qui n’hésiterait pas à lâcher son protégé d’hier au milieu du gué.
Mais ce qui est inquiétant par dessus tout, c’est de voir notre pays, connu jadis pour sa modération, son ouverture et sa tolérance, catalogué dans la liste des pays dangereux où une minorité de salafistes dicte sa loi à la majorité et font régner leur loi. Aux autorités en place de prendre les taureaux par les cornes et d’engager des mesures fermes, avant qu’il ne soit trop tard!
Car aussi condamnable que soit ce film, il est dangereux et irresponsable de la part des manifestants de répondre à la violence (du verbe) par la violence (physique). Au final, cet incident risque, si ce n’est déjà fait, de se retourner contre nous en propageant une piètre image de notre religion et des Tunisiens. Il n’est pas exagéré, après ce qui s’est passé, de dire que peu de Tunisiens seraient gênés d’afficher une certaine fierté !
O. D.
Discussion about this post