
La scène politique tunisienne est en pleine ébullition. En effet après assassinats politiques et autres actes terroristes qui ont touché la Tunisie dans ses symboles, le paysage politique est plus que jamais sujet à un changement, peut être pas radical mais un changement profond.
Le premier constat qui a été fait suite aux événements tragiques qu’a connus le pays, c’est la division de la classe politique en deux grandes parties, la première qui appelle à la chute du gouvernement, la dissolution de l’ANC et la composition d’un nouveau cabinet ministériel de salut national alors que le deuxième camps appelle à respecter la légitimité des urnes et continuer dans le même processus afin de mener à bien cette période de transition démocratique.
Dans cet exercice les deux camps se sont adonnés à des pratiques de propagandes… et pour cause… Chacun des deux camps clamait haut et fort avoir raison et n’hésitait pas à prouver sa position par des exemples crus et sévères ce qui a fait tomber plus que bas le niveau des échanges, et ce, à plus d’une reprise. Outre les plateaux télés, dans lesquels on parlait que politique, il y a eu le combat des rues. En effet chacune des parties amassait les foules pour se faire un écho de légitimité populaire et pour faire peur à son adversaire… un semblant de guerre froide fratricide dans laquelle le pauvre peuple s’est trouvé pris en otage…
Une chose est sûre, c’est que tous ces événements là, ont conduit à une nouvelle donne sur le plan politique, la troïka s’est vue bousculée avec des déclarations contradictoires parfois… il y a eu aussi la décision de Ben Jaâfar, relative au gel des activités de l’ANC, que certains ont considéré comme courageuse alors que d’autres se sont fait un plaisir de critiquer ouvertement le leader d’Ettakatol et l’ont même traité de traitre.
De l’autre côté chez l’opposition « démocrate » les cartes ont été distribué de nouveau puisque la plupart des partis politiques appelant à la chute entière du système en place et existant depuis le 23 octobre 2011, semblent avoir repris la voie de la raison et sont finalement prêt à négocier pour un gouvernement d’union national et non pas de salut national tout en préservant l’activité de l’ANC, bien sur avec des conditions posées au préalable.
Reste que voilà, il ne s’agit pas de tout le monde, quelques partis comptant pour la gauche extrême ne veulent pas écouter la voie de la raison et mettent en marche leurs machine de guerre destructrice aux dépens de tout, du peuple, de la nation… Ils veulent à tout prix en finir avec cette Troïka et en particulier avec le parti islamiste Ennahdha dont il refuse désormais même l’existence. Mais ce n’est certainement pas par le chaos et le désordre qu’ils vont y arriver, ils auront beaucoup plus à perdre qu’à y gagner et malheureusement la Tunisie risque d’être le grand perdant de ce radicalisme.
Mais ce qui tant soit peu rassurant c’est que ces partis radicaux qui refusent tout dialogue sont désormais très peu nombreux et sont de plus en plus isolés dans leur position.
Du côté de Monplaisir, le leader du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi entreprend depuis quelques jours des consultations avec les différentes parties prenantes au dossier. En effet le Chef nahdhaoui a rencontré Wided Bouchamaoui, patronne de l’UTICA, Houcine Abassi secrétaire général de la centrale syndicale et même « l’ennemi juré » Beji Caïd Essebsi, même si pour ce qui est de cette rencontre certaines parties nient en bloc son existence, sans doute dans une tentative de faire pression sur l’opinion publique.
Ghannouchi a déclaré plus d’une fois que des concessions énormes ont été faites, il parle même de sacrifice pour le pays. Il témoigne de plus en plus une volonté manifeste de trouver une solution et de trouver un terrain d’entente avec le camp de l’opposition rien que pour sortir la Tunisie de ce gouffre et de cette spirale infernale dans laquelle elle s’est prise depuis l’avènement de la troïka.
En somme plein de bonne volonté de part et d’autre, entachées toutefois par des pratiques extrémistes de certains radicaux qui cherchent plutôt à détruire leur ennemis politiques qu’à trouver des solutions pour notre chère Tunisie.
Pourvu que les jours à venir amènent des solutions sur le plan pratique, pourvu que cette transition démocratique se termine dans les meilleurs scénarios possibles et pourvu que la Tunisie en sorte gagnante aux dépens de tous calculs politiques et partisans… Vive la Tunisie
Slim Maâtoug
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