La Commission Economique pour l’Afrique a procédé le 20 septembre 2016 au lancement du premier rapport d’application de l’Indice Africain de Développement Social (IADS) pour l’Afrique du Nord (Algérie, Egypte, Maroc, Mauritanie, Soudan et Tunisie). Selon ce document, si la croissance a été assez forte en Afrique du Nord, ses bénéfices sur le plan social n’ont pas toujours évolué de manière proportionnelle.
« Au cours des années de référence de l’Indice (entre 2000 et 2015), des interventions aux effets positifs ont entrainé une baisse de l’exclusion dans l’ensemble des pays nord-africains étudiés à l’exception de l’Egypte », a indiqué Mme Takyiwaa Manuh, Directrice de la Division des Politiques de Développement Social de la CEA. Il convient de noter que les pays présentent des tendances similaires en matière d’exclusion : ainsi, la mortalité infantile compte pour plus de 50% de l’exclusion dans cinq des six pays étudiés et le chômage des jeunes dans quatre d’entre eux. Selon Mme Manuh, « Ces résultats peuvent contribuer à améliorer le ciblage des politiques ».
Toujours selon le rapport, l’instabilité politique et les conflits ont contribué de manière significative à l’exacerbation des inégalités entre certaines régions en Egypte, au Soudan et en Tunisie. Des disparités importantes subsistent par ailleurs entre les zones urbaines et rurales des six pays étudiés. Enfin, l’étude a également révélé une forte déconnection entre l’éducation et l’emploi des jeunes, particulièrement dans les cas de l’Egypte, du Maroc et de la Tunisie où de nombreux jeunes diplômés ne parviennent pas à trouver un travail convenable.
Lancé en 2015, l’IADS évalue l’importance de l’exclusion humaine (incapacité d’un individu à participer à et bénéficier de la croissance de son pays) sur la base de six dimensions clés du bien-être : la survie, la santé, l’éducation, l’emploi, les moyens de subsistance et la capacité à mener une vie décente après l’âge de 60 ans. Il permet ainsi de dresser un état des lieux de l’exclusion humaine en fonction des groupes sociaux, du sexe, du milieu de résidence, dans les pays et entre ces derniers ainsi qu’à travers le temps.
L’IADS permettra ainsi aux décideurs africains de mieux identifier les facteurs d’exclusion et formuler des politiques adaptées dans des domaines tels que la nutrition, l’éducation, l’emploi ou la protection sociale et garantir ainsi une croissance plus inclusive et équitable.
« Je suis convaincu que grâce aux larges potentialités et aux grandes compétences dont regorge notre pays, la Tunisie pourra achever et réussir sa transition politique et économique, relever les défis du développement humain et garantir l’inclusion sociale et assurer l’équité et la justice pour tous », a déclaré M. Mohamed Trabelsi, Ministre tunisien des Affaires Sociales à l’occasion du lancement du rapport.
« A l’heure où la Tunisie se prépare à lancer son plan National de Développement pour la période 2016-2020, les résultats de ce rapport coïncident avec le lancement des consultations destinées à le préparer », a indiqué pour sa part M. Mazin Abu Shanab, Coordonateur Résident a.i. du Système des Nations Unies en Tunisie.
Au cours des prochaines semaines, la CEA publiera d’autres rapports portant sur les autres régions de l’Afrique, parmi ces derniers le rapport IADS sur l’Afrique de l’Est dont le lancement est prévu le 22 septembre prochain à Nairobi (Kenya) ainsi que les rapports sur l’Afrique centrale et l’Afrique de l’ouest.
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