
Radicalisés par l’idéologie wahhabite prônant la haine et la violence, inspirés par les discours nauséabonds de leurs gourous locaux qui appellent à tuer les opposants, rassurés par le paternalisme du chef suprême et confortés par les positions du grand Mufti qui justifie le terrorisme par l’œuvre moderniste et avant-gardiste de Bourguiba, les nouveaux soldats de la mort et de la terreur, véritables ennemis de la nation se font maîtres dans l’art de l’atrocité et de l’horreur.
Le séparatisme ambiant, les prêches virulents des imams autoproclamés, l’impunité totale face aux discours haineux, la permissivité des autorités politiques et l’absence d’hommes de poigne vêtus de l’étendard de la Patrie ont nourri cette montée de l’extrémisme et ont constitué des éléments facilitateurs pour de tels actes qui ont visé l’armée et la police nationales et qui visent maintenant le secteur le plus vital de la Tunisie, le tourisme.
La nébuleuse terroriste est bien enracinée dans nos contrées et le récent basculement vers l’horreur en est le meilleur témoin. Ainsi après les appels au Jihad en Syrie contre Bachar, l’encouragement du Jihad Nikah pour satisfaire les besoins bestiaux des valeureux mercenaires de la religion, nous voilà avec la bénédiction des nouveaux gourous face au jihad meurtrier pour décapiter ses frères et concitoyens au nom de l’exaltation d’un radicalisme religieux d’un autre âge.
Les attaques terroristes qui se multiplient ne sont pas isolés comme certains le prétendent. Ils sont hélas la conséquence directe de l’incurie du gouvernement et de la crise politique qui ravage le pays. Ils sont annonciateurs d’une guerre civile qui risque de déchirer la Tunisie et de plonger la population dans un chaos interminable.
Les politiques se doivent de prendre leurs responsabilités et de s’affranchir de toute aliénation partisane et idéologique pour combattre ce fléau ravageur et dévastateur. Le peuple est dépité, inquiet et appelle de tous ses vœux à un retour de l’appareil sécuritaire, capable d’éradiquer cette métastase assassine et meurtrière. Trois ans après la révolution, les Tunisiens ne s’accommodent guère de cette montée de la violence ni du climat de haine et d’intolérance qui prévalent.
Ils ont rêvé de prospérité, de justice, de liberté et de démocratie et n’ont récolté que misère, clientélisme sous couvert de piété, violence au nom de la religion, libertés bâillonnées au nom du sacré et terrorisme au nom de l’impunité.
Aujourd’hui, la menace du terrorisme apparaît comme le premier défi que le prochain gouvernement doit affronter. La sécurité des personnes et des biens est un droit sacré et fondamental et tout gouvernement incapable de garantir ce droit perd toute légitimité.
Sans faire du tout sécuritaire et de justifier la répression outrancière, il convient de rappeler à certains politiciens leur responsabilité morale dans cette spirale de la violence.
L’incitation à la haine et à la violence sont le nid du terrorisme et les discours de certains imams et leaders politiques ne font que radicaliser ces minorités nocives et il appartient au nouveau gouvernement de sévir et de condamner non seulement les auteurs de ces crimes ignobles mais aussi les instigateurs et les responsables moraux de ces mêmes actes.
Tel un cancer, le terrorisme se propage quand l’immunité s’affaiblit et le malade perd la foi dans la vie et les Tunisiens croyants , solidaires, aimant la vie et immunisés s’attaqueront ensemble et avec l’aide des forces de l’ordre de l’armée à ce fléau ravageur et dévastateur.
Jalel JEDDI
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