
Encore une fois, dans son discours de ce jeudi 16 mai 2013, le Président provisoire de la République, Mohamed Moncef Marzouki a prononcé des mots qui « fâchent ».
Celui qui aurait l’outrecuidance de chanter les louanges de notre Révolution, de mettre sur la table des solutions pour rétablir la confiance, favoriser la solidarité, promouvoir l’entreprise et l’emploi et de mettre ses pieds dans le plat de la transition démocratique, Moncef Marzouki a préféré, comme à l’accoutumée, faire cuire dans une braisière, l’acceptation de la tolérance d’un phénomène étrange pour les Tunisiens: le niqab.« Je ne peux pas comprendre et je n’accepte pas que l’on empêche des étudiantes de passer leurs examens en portant le niqab », avoue-t-il, portant sa défroque de « démocrate et de défenseur des droits de l’Homme. »
Le Président s’est fait gratuitement hué par les personnalités politiques qui ont préféré quitter la salle en signe de protestation. Chose inacceptable pour une société qui veut se vouer à la devise du dialogue.
Si son discours ne plaît pas à tout le monde, c’est qu’il gêne, énerve et angoisse, mais il n’a rien attaqué, ni même rien défendu, mais il a éludé tous les vrais problèmes.
Aborder une question si délicate et qui fait actuellement l’objet de polémique, et de plus avec une franchise maladroite et brutale, en se démarquant de la majorité des enseignants universitaires qui refusent le niqab en salle de cours et en salle d’examens, en raison de l’impossibilité de vérifier l’identité de la personne présente, ne peut qu’allumer la mèche et mettre le feu aux poudres…
Alors que la situation économique se complique davantage dans le pays: repli du dinar, aggravation du déficit commercial, chute de l’indice de la bourse, indicateurs économiques virant au rouge, la situation sécuritaire et politique, évènements de Chaâmbi, déclarations du dirigeant salafiste Abou Iyadh… et la situation risque de se compliquer davantage.
Des polémiques commencent à surgir de partout en marge de ce discours car les différents intervenants à ce sujet estiment que le peuple tunisien attend autre chose de ses gouvernants. En effet ce peuple est assoiffé de voir l’accélération de l’organisation des élections transparentes, impatient de voir se renforcer la compétitivité de son économie nationale, et la mise en place d’un nouveau modèle de développement social et durable…
Et il est malheureux de constater que ces sujets n’ont été évoqués que sommairement et après la question du niqab, qui n’est pas le principal souci de la population.
Voilà une révolution, dont le monde est ébahi…
Voilà des dirigeants qui sont passés à côté encore une fois!
Abdelhamid Ferchichi
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