
Une majorité de tunisiens ne connait pas les partis actifs sur la scène politique dans le pays. Au jour d’aujourd’hui la Tunisie compte officiellement
32 formations et pourtant l’ignorance dans ce domaine reste importante.
Selon un sondage Emrhod, réalisé entre le 28 Février et le 5 Mars 2011, 61% des sondés disent ne pas avoir d’idée sur les partis politiques tunisiens.
Cette méconnaissance est partagée par toutes les catégories d’âges, quelque soit le niveau d’instruction. On peut noter néanmoins que les 25-34 ans déclarent à 52% avoir une idée sur les partis politiques. Sinon 87% des sondés qui se sont arrêtés au niveau primaire, ne connaissent pas les partis tunisiens. Même ceux qui ont un niveau supérieur ne sont que 49% à avoir une idée sur les partis.
Au baromètre des partis les plus populaires, Ennahda occupe la première place avec 29% des sondés qui le connaissent, viennent ensuite le PDP avec 12.3% et Ettajdid avec 7.5%. Les autres partis ne sont connus que par moins de 5% des sondés.
Ces réponses peuvent être interprétées de la manière suivante : les citoyens tunisiens ont été durant longtemps privés de toute information sur les formations politiques. Cela a été le cas sous le régime de Ben Ali qui a constamment usé du gros bâton contre ses opposants, ce qui a poussé les citoyens tunisiens à renoncer à leurs droits politiques de peur de représailles.
A la question : « Parmi les partis politiques que vous venez de citer lequel vous voyez contribuer le plus au développement du Pays? », 74.7% des sondés ayant une idée sur les partis politiques, ne se prononcent pas. Le parti Ennahda réalise le meilleur score avec 14.6%. Le PDP et Ettajdid font moins de 5%.
Ce dernier résultat démontre que l’opinion publique est encore en attente d’une offre politique qui correspond à ses attentes. Le fort taux des sondés, qui ne se prononcent pas, montre, si besoin est, un déficit flagrant des partis politiques en matière d’information et de communication auprès des citoyens.
Il faut, toutefois, reconnaître que la méconnaissance par les tunisiens des partis politiques parait naturelle au regard de la situation politique qui prévalait avant la révolution. Certains étaient interdits, d’autres censurés ou obligés de se murer dans le silence.
L’étouffement de l’opposition tunisienne, au profit d’un seul parti, n’a fait qu’empirer la situation. Avec la disparition de la police politique et la dissolution de l’ancien parti-état (RCD), nous sommes en droit d’espérer une vie politique pluraliste et digne d’une Tunisie démocratique.
Espace Manager
Discussion about this post