
Le principe de l’association « Tunisian Police Reform » est de réagir aux plaintes des citoyens. Comme le dit Bassem Bouguerra, qui a fondé l’association.
L’ONG a travaillé avec des membres issus de la police, comme Chokri Hamada, porte-parole du syndicat des forces de sûreté intérieure, ainsi qu’Issam Dardouri porte-parole du syndicat des agents de sécurité intérieure de l’aéroport Tunis-Carthage.
Leurs récentes statistiques publiées sur la relation entre la police et le citoyen montrent un certain tabou qui persiste au sien de la population tunisienne lorsqu’il s’agit des pratiques policières. 60% des interrogés admettent avoir un membre dans leur famille, 25 % seulement admettent avoir été victimes de violences policières mais plus de 80% n’ont jamais signalé leur cas et 60% considèrent que la police a déjà commis des violences notamment dans les manifestations et les sit-in. L’étude n’est malheureusement pas représentative de toute la Tunisie puisqu’elle ne concerne qu’un petit échantillon de Tunisiens interrogés seulement sur la région du Grand Tunis.
Ces premières statistiques montrent cependant une banalisation du passage sous silence de la violence policière comme en témoigne le cas de la jeune fille violée.
Abdelhamid Jarray ancien secrétaire général du syndicat des forces de l’ordre témoigne :
«Depuis l’arrivée à la tête du Ministère de l’Intérieur de Monsieur Larrayedh, il y a eu plus de 12 000 nouvelles recrues.
Les dossiers de recrutement tout comme la sélection ne sont pas très poussées. On ne regarde pas l’aspect partisan ou pas du candidat. Et ensuite, la formation sur le terrain fait défaut.»La police tunisienne comptait en 2011 près de 60 000 agents selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur. Aucune donnée n’a été rendue publique sur les nouvelles recrues.
Outre les violences, les pratiques de corruption sont en recrudescence depuis la révolution selon Abdelhamid Jarray :
«Les policiers sont toujours aussi mal payés qu’avant et l’instabilité du pays encourage les pratiques de monnayage ou de pots-de-vin».
Près de 64% des personnes interrogées dans le sondage de l’ONG Tunisan Police Reform voient la corruption comme principale défaillance du système policier avant la violence. Pour Abdelhamid Jarray, les bas salaires des policiers sont à l’origine de ces dérives. Un agent de police gagne en Tunisie dans les 400 dinars, les salaires peuvent monter jusqu’à 1500 dinars pour les officiers supérieurs. Une augmentation d’environ 70 dinars a été donnée durant l’année 2012 (Le SMIG Tunisien s’élève à 320 dinars en 2012) mais «le salaire reste très bas pour une profession de la fonction publique» selon l’ancien commandant. (Communiqué)
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