
Suite aux déclarations de Jean Luc Mélenchon après la visite de parlementaires français au siège d’Ennahdha, la section d’Ettakatol France a adressé une lettre ouverte à Jean Luc Melenchon dont voici la teneur:
« Si Monsieur Mélenchon est du droit de condamner cette visite et d’en profiter pour régler de vieilles querelles avec ses amis socialistes, Ettakatol s’étonne de se voir associé dans ce message où Monsieur Mélenchon prétend que cette visite est destinée à faire plaisir à notre parti.Cette déclaration est d’autant plus irresponsable qu’elle est complètement décalée par rapport à la réalité de la Tunisie où la quasi-unanimité des partis politiques se rencontrent et débattent ensemble.
Ettakatol s’est toujours exprimé contre une vision binaire et simpliste de la société tunisienne où il y aurait un affrontement entre « islamistes » et « laïcs ». Ettakatol a en effet appelé à une large coalition gouvernementale qui réunit toutes les forces démocratiques pour traverser sans encombre cette phase délicate de la transition démocratique.
D’ailleurs beaucoup d’acteurs politiques tunisiens partagent désormais cette analyse et appellent également à l’unité nationale. Les observateurs de la scène politique tunisienne connaissent parfaitement nos positions exprimées en particulier dans le choix de société que nous voulons promouvoir au travers de la rédaction d’une nouvelle constitution.
Suite à ces déclarations de Monsieur Mélenchon aujourd’hui, à celles de Monsieur Emmanuel Valls la semaine dernière, mais aussi à divers reportages journalistiques, Ettakatol France invite certains hommes politiques et certains medias a faire preuve de plus de nuance et de discernement dans l’analyse qu’ils se font de la scène politique tunisienne, souvent réduite a une bataille entre laïcs et islamistes.
Le peuple tunisien a fait preuve de courage et de maturité et n’a attendu personne pour se libérer du joug de ses oppresseurs et sera capable de définir son propre modèle du vivre ensemble dans la diversité et le pluralisme. Nous exprimons notre refus de l’utilisation de la situation actuelle en Tunisie comme élément pour des batailles politiciennes franco-françaises. Nous restons convaincus que la France et les français, partenaires et amis historiques de la Tunisie sauront accompagner ce moment crucial de l’histoire de la Tunisie en tenant compte des spécificités de sa transition démocratique. »
Il est à rappeler que Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, n’a pas apprécié que des parlementaires français soient reçus ce jeudi à Tunis au siège d’Ennahda par le leader du parti islamiste, Rached Ghannouchi. Et ce quelques jours après le meurtre de Chokri Belaïd et les émeutes qui ont suivi.
« Je déplore le soutien ainsi apporté à un parti d’extrême droite religieuse dont le chef n’a aucune fonction officielle dans les institutions tunisiennes. Cette visite faite en accord avec les autorités françaises est un coup de poignard dans le dos des démocrates tunisiens », avait écrit Mélenchon dans un communiqué consacré à ce qu’il appelle une « faute politique ».
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