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Conférence de Hatem El Karoui sur la militante B’chira Ben M’rad

25 novembre 2013
in Divers
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A l’occasion du centenaire de la naissance de la militante féministe B’chira Ben M’rad, l’écrivain Hatem el Karoui a présenté, lors de la récente foire du livre au Kram, son livre en voie de préparation intitulé « B’chira Ben M’rad, la grande militante féministe telle que je l’ai connue (1993-2013) qui sera publié en France par la société d’édition française « Edilivre Paris » en 2014.

En préambule, l’auteur avait dit au début de son exposé qui s’était tenu le 28 octobre 2013 à la salle de conférences « présentations de livres » du premier étage du parc des expositions du Kram : « Le but de la conférence que je donne aujourd’hui est de faire sortir B’chira Ben M’rad de l’oubli dans le livre que je lui ai consacré qui parait d’ailleurs simultanément avec l’anniversaire  du centenaire de sa naissance ».

« L’essai », ajouté l’auteur « procède à quelques analyses et réflexions personnelles sur l’histoire de cette période tumultueuse de l’histoire de la Tunisie et sur la lecture de quelques ouvrages dont celui de Souad Bakalti, Ilham Marzouki, Lilia Labidi et celui du cheikh Mahmoud Chemmam que j’ai beaucoup cité  mais nous avons deux styles différents puisque le cheikh Chemmam était zeitounien. B’chira militante a eu un double rôle dans sa vie : celui de lutter  pour la cause nationaliste et en même temps défendre les droits des femmes. L’actualité nous confirme que ce thème du rôle de la femme tunisienne dans l’acquisition des droits syndicaux et politiques est très actuel ».

Le livre se compose de  12 chapitres,  le 13ème  comporte des photos et le   14ème, des notes. L’auteur a énuméré les chapitres de son livre et en a commenté le contenu. Ils sont intitulés comme suit :

Chapitre I : « B’chira Ben M’rad, la laissée-pour-compte »

Le destin tumultueux de B’chira est lié à sa rencontre pendant son parcours du Leader Bourguiba avec lequel les relations se sont caractérisées par un phénomène  d’attraction – répulsion.  Il faut dire que la stratégie de Bourguiba pour l’accès au pouvoir était basée par la séduction du milieu bourgeois et une possible union dans ce sens avec une femme de ce milieu Par rapport à B’chira c’était une voie non passante car autant elle que son père le cheikh Mohamed Salah Ben M’rad qui était devenu plus tard cheikh Islam sous Moncef Bey avaient des sympathies Yousséfistes  d’où la vengeance du Rais pour ce rejet.

Bourguiba recherchait la transformation des mentalités et la fusion des classes à l’image de la révolution bourgeoise de 1789 en France, caractérisée par la philosophie des Lumières et il se positionnait lui-même en tant que cobaye pour atteindre cet objectif. Pour lui cela avait été à l’issu de sa longue vie un semi échec à cause de son  souci de diriger seul et ne pas intégrer les autres acteurs valeureux dont B’chira. Pour B’chira qui avait terminé sa vie dans la dépendance matérielle, cela avait été peut-être à ce niveau un échec mais elle était morte consciente d’avoir joué le rôle qui lui revenait.

Chapitre II Le congrès Eucharistique International de Carthage et sur ses implications sur le mouvement des femmes tunisiennes

Ce congrès avait indirectement comme enjeu important le futur statut à donner aux femmes dans la société tunisienne. A cette époque il existait une opposition entre les Prépondérants catholiques (propriétaires terriens en Tunisie) et les radicaux de gauche de la 3ème république qui détenaient le pouvoir en France.

Ils divergeaient  sur le degré d’éducation à donner aussi bien à l’homme qu’à la femme et les Prépondérants voyaient que les Tunisiens et les Tunisiennes autochtones devaient être cantonnés au rôle d’exécutants et n’avaient pas besoin de poursuivre des études poussées. (formation rudimentaire exigée).

Cependant à  l’intérieur du courant religieux des colons eux-mêmes  il existait un courant tolérant (le père  Demeersman, directeur de L’institut des Belles Lettres Arabes IBLA assistait par exemple  aux conférences de Tahar Sfar à la Khaldounia en 1930. On peut dire qu’il était un chrétien de gauche alors que chez nous certains pontes de la Nahdha se prévalent fièrement d’être de droite en oubliant que gauche et droite sont des sensibilités que l’on peut trouver dans l’architecture  même de l’Islam.

On peut dire par exemple que le cheikh Ben M’rad était un musulman de gauche bien qu’il soit un pur produit de la Zitouna qu’il ait accédé au poste de cheikh Islam Hanéfite (mais s’il avait été Malékite cela n’aurait pas été différent car à ce moment le conseil charaïque prenait ses décisions en fonction du rite le plus favorable aux musulmans).

Le cheikh Ben M’rad n’interférait pas dans la volonté de ses filles de porter ou non le voile et laissait ses petits enfants libres ou non de prier à la mosquée (car pour lui l’Islam était une affaire privée et personnelle).

S’il s’était opposé à Tahar Haddad c’était parce qu’il le suspectait de ne pas être capable d’interpréter l’Islam convenablement compte tenu de son niveau. Il soupçonnait notamment le Père de Foucault de l’avoir assisté dans la rédaction de son livre. « Notre femme dans la législation et la société ».

Il avait confié à son fils que s’il avait appelé son livre qui avait succédé à celui de Haddad autrement que « Al Hidad Ala Imraat el Haddad » (voile du deuil sur la femme de Haddad) il n’y aurait pas eu un tel tollé, car en dehors des pages préliminaires où il y fustigeait Haddad, la plus grande partie du texte ne faisait qu’analyser le rôle du coran et de la sunna dans la promotion de la femme musulmane. Au fond ce n’était rien d’autre qu’un précis de droit sur la place accordée à la femme dans l’Islam.

L’expression “Hadha ala al hissab hatta an akraa al Kitab” attribuée au cheikh Ben M’rad est donc une pure légende.

Le cheikh Ben M’rad avait poussé ses filles à militer au sein de l’UMFT. Il avait préparé les statuts de l’association ainsi qu’il avait aidé sa fille B’chira sa présidente à préparer ses discours et ses articles dans la revue qu’il avait créée appelée « Chams Al Islam ». Ses filles dont principalement B’chira militaient et  assistaient les nationalistes dans la lutte contre les naturalisations et la confiscation de l’identité. Cependant Bourguiba avait joué  à cette époque par calcul politique un  rôle ambigu à propos du voile par ses .alliance et ses mésalliances successives avec le milieu zeitounien (notamment avant et après le Congrès de Ksar Hallal créant le Néo-Destour en 1934).

Dans cette « bagarre » entre Ben M’rad et Haddad, les autorités coloniales étaient restées distantes. Le  Résident François Manceron  avait envoyé  une lettre à Aristide Briand au quai d’Orsay lui demandant de ne pas intervenir. Appui cependant du Résident général à l’organisation du congrès de Langue Arabe en 1930 au théâtre municipal (avec la participation de Mohamed Salah  Ben M’rad).

Pendant ce temps B’chira avait pris progressivement de l’autorité. Un modernisme de B’chira est constaté à propos du port du voile (elle n’hésite pas à l’enlever en Tunisie pendant les manifestations, ne porte pas le voile à l’étranger). Elle continue à respecter son père mais se démarque de lui d’autant plus qu’il lui donne sa pleine autonomie.

Chapitre III : L’inspiration du mouvement féminin tunisien pendant le Protectorat de la lutte non violente de Gandhi

Non violence et féminisme dans la philosophie de Gandhi dont s’inspirent Bourguiba et Sfar

Non violence (les fêtes caritatives féminines en forment  une expression).

Non violence et politique des étapes compte tenu du déséquilibre des forces avec le colonisateur

Influence de la fusion sociale entre les classes sur la mobilité du patrimoine et la santé économique du pays (sauf en matière en matière successorale défavorable à la femme)

Cependant  les évènements de 1938, illustrent  le démarquage de Bourguiba par rapport à l’idéologie de la Non Violence. Contre l’avis de Matri, il déclenche l’épreuve de force.

Les évènements de Bizerte de 1961 illustrent encore plus le virage de Bourguiba par rapport à l’abandon de la non-violence.

Chapitre IV : Les préparatifs de la création de l’UMFT : Les réunions à Dar el Khalsi et Dar el Kaâk

Les idées suivantes y sont développées :
Radioscopie de la naissance de l’UMFT (association créée en 1936 mais officialisée uniquement en 1952 avec l’agrément des autorités coloniales).
La réunion de Dar el Khalsi de 1932  préparatrice de la création de l’UMFT en 1936.
La contribution de cheikh Ben M’rad à la mise en place de la stratégie (rédactions de statuts et discours).

Le rôle des sœurs de B’chira dont Najiba (mobilisation, discours) Essia  (support financier) et Hamida (secrétaire générale administration). Le discours empathique de Najiba à la réunion de la Société des Dames Musulmanes du 29 février 1932: Compréhension profonde de l’idée de solidarité dégagée par l’Islam (catastrophe des inondations) – Inspiration du pacifisme d’Eva Fichet la Présidente de la Ligue internationale de femmes pour la paix et la liberté d’obédience socialiste) alors que le Nazisme montait et que la grande guerre était aux abois.

Réunion de Dar Kaâk en juillet 1933 à l’occasion du Mouled  Sidi Bou Saïd (L’historien Othman Kaâk marié à Saida Ben Chedli),

Dissection du rôle des fêtes caritatives, cheval de bataille  de l’association à distinguer des clubs féminins mixtes préconisés par Nazli et Ziada (sur le modèle des salons français) qui sont rejetés par la mentalité musulmane qui accepte les réunions purement féminines (auxquelles les européennes et les juives assistent aussi).

L’idée des clubs n’est pas adoptée en Tunisie. Rappel que les clubs (salons) avant d’être français sont une tradition anglaise, raison pour laquelle ils développent dans les pays orientaux dominés par les britanniques (Liban, Egypte) et non au Maghreb proprement dit.

Lutte fastidieuse des associations féminines tunisiennes musulmanes  pour faire accepter aux époux que leurs femmes se rendent à de telles réunions.

Chapitre V L’accouchement difficile d’un mouvement

Historique du mouvement féminin tunisien  à partir du 19ème siècle
L’épître de Ben Dhiaf en 1857 (concomitante avec le Pacte fondamental) féminisme de Ben Dhiaf par rapport au reste du corps zeitounien.

Création timide des clubs féminins en Tunisie en 1900 avec le club Ramsès de la Marsa (seuls les hommes y étaient présents) Précédent club Villa Layard au Caire en 1879 (roman Lady Zeineb)

En dehors de Nazli qui fait exception en tant que femme musulmane seuls y sont admis les intellectuels arabes (Mohamed Abdou, Kacem Amine, Jameleddine Al Afghani, Saâd Zaghloul, Mohamed Farid, Ahmed Fathi Zaghloul, Ibrahim Al Halbaoui, Ibrahim Al Moulihi, Hassen Rochdi et d’autres…) ainsi que les officiers anglais et les diplomates étrangers accompagnés de leurs épouses), principalement Cromer et Kitchener

Les discussions y portaient principalement autour de la littérature et de l’art. Les discussions politiques y étaient prohibées et contrôlées.
La femme musulmane était sujet de discussion mais n’y participait pas. Kacem Amin avait avec l’aide de Zeineb écrit deux livres sur la condition de la femme égyptienne défavorisée par rapport à la femme européenne et même turque (surtout ignorance)

La polygamie était une réalité en Egypte à cette époque. Mohamed Abdou était par exemple polygame. En Tunisie la polygamie était moins fréquente. Le cheikh Ben M’rad père de B’chira n’était pas bigame.

Ecole de la rue du Pacha en 1900 créée avec le concours du résident général Millet et de sa femme Louise Millet, de l’Emiralay Karoui mon grand père et de Béchir Sfar dont la fille Fatma Sfar épouse Guellaty avait milité plus tard au sein de l’UMFT.

Concession des autorités coloniales pour les associations sportives féminines (club dirigé par le beau frère de Nazli l’avocat Omar Bouhajeb marié à Giannina Petrucci, florentine convertie à l’Islam, veuve du général Hassine).

Problème résolu du financement (Nazli fortunée) Plus tard l’UMFT se base pour les finances sur les collectes et les dons Hamida Ben M’rad la secrétaire générale était une bonne gestionnaire.

Le club féminin au Caire de May Ziada a succédé en 1914 Houda Chaâraoui qu’admirait B’chira y assistait de même que Safia Zaghloul, Nabiha Moussa, Ciza Nabraoui.

Idée de la priorisation par la classe politique de la lutte de libération nationale à la cause de la libération de la femme.

Terreau favorable dans la femme appartenant classe bourgeoise éduquée et instruite à la prise de conscience de la nécessité de la lutte pour la cause des  femmes (nombreux noms reportés)

Le cheikh Mahmoud Chemmam qui avait écrit un livre su B’chira et dont l’auteur s’était inspiré dans le sien en le citant de nombreuses fois propose un style différent. Sa manière d’écrire ressemble à celle de l’ensemble des Zeitouniens de l’époque.

Pour ne pas défigurer le cachet spécifique de sa rédaction il avait procédé à plusieurs citations de son livre qui bien sûr n’engagent que lui. Sa relation de la vie de B’chira est très linéaire et laconique. Il est très avare en appréciation et en réflexion sur ses choix de vie  et préfère éviter toute critique en se contentant de l’apologie et de l’éloge. Sa biographie du cheikh Ben M’rad dans son livre « Aalem mina al Zitouna » se positionne dans le même style non conflictuel.

Son livre sur B’chira dit en particulier  à propos des familles tunisoises :  « On comptait ainsi parmi  les familles appartenant à ce milieu, les Baccouche, Guellaty, Hajjouj, Saâdallah, Zaouche, El Okby, Bach Hamba, El Kaâk, Amira, El Karoui, Ben Cheikh, Fourati, Ghaileb, Bouchoucha, El Menchari, Daoud, El Agrebi, El Ouertani, Ben Hamida, Ben Mustapha, Ben Romdhane, Zakia EL Ghrab et Bahija Kettaly, etc.   Il y avait aussi la famille Ben Cheikh  qui avait généré la première femme tunisienne médecin en l’occurrence Tawhida Ben Cheikh. Les familles Ghaileb avec Hassiba, la famille Kaâk avec l’écrivaine Zeineb, et la famille Amara  avec la Professeure agrégée Zoubeida et d’autres issues d’autres villes, que nous avons omis de citer avaient appartenu à ce milieu élitiste ».

Chapitre VI Le parcours chaotique de la militante

Enfance et  jeunesse  difficiles de B’chira.

Perte de la mère mais soutien du père (enseignement de qualité à la maison, introduction dans le milieu journalistique en rédigeant dans « Chems el Islam », et d’autres revues, préparation des discours),

Mariage précoce (le père s’était remarié)

Carapace acquise par B’chira pour affronter les épreuves qui allaient l’attendre.


Chapitre VII  Les activités sociales et intellectuelles prolifiques de la militante

Activités multiples

Réunions caritatives au sein de l’association de l’UMFT notamment pour aider à la collecte des fonds pour les étudiants destouriens à l’étranger encadrement de  jeunesse féminine (chants patriotiques) et scouts.

Les activités de B’chira sont multiples et ne se suffisent pas à la part associative de l’UMFT. Elle s’engage dans le journalisme et aussi auprès des associations de jeunesse et de discours  mobilisateurs et porteurs (sensibilisation aux problèmes de santé féminine, puériculture…).

Son accès à la sphère politique commence à lui causer des problèmes (emprisonnement…) notamment après le congrès de la nuit du destin en août 1946 présidé par Laroussi Haddad où Salah Ben Youssef avait pris la parole alors que Moncef Bey était exilé et que Bourguiba faisait campagne pour la cause à l’étranger.

Chapitre VIII  B’chira et  la  grande guerre

Présentation de l’atmosphère où baigne la Tunisie au cours de la 2ème guerre mondiale et principalement à Hammam-Lif, ville cosmopolite et multiculturelle

Rôle indirect de Bourguiba dans l’éviction de Moncef Bey ? Question posée

Rôle de B’chira dans la gestion des conflits de son père cheikh Islam avec Lamine Bey qui est quand même démis de ses fonctions en 1947 malgré l’amitié de B’chira avec sa fille ainée la princesse Aïcha. Sur injonction des autorités du Protectorat pour ses attitudes nationalistes après la pétition qu’il avait fait signer aux cheikhs de la Zitouna pour faire libérer les prisonniers du Destour.

Chapitre  IX Ecrits et discours de B’chira Ben M’rad

Cette partie représente un document reproduisant les articles et les discours de B’chira. Ils comportent la plupart un message religieux  mobilisateur car la religion est un  ferment idéologique certain.  On y voit l’influence du père.
Réflexion sur les nombreux problèmes rencontrés par les femmes et les moyens de les aplanir (conseils pour la santé féminine, puériculture…)

Chapitre X Le décès de B’chira Ben M’rad

Concours de l’UNFT aux cérémonies de l’enterrement.

Cette partie recèle le reportage des cérémonies accompagnant le décès de la militante assorti de souvenirs personnels (discours touchant du Dr Nabiha Gueddana, alors secrétaire d’état qui a plus tard contribué largement à la réservation du nom d’une rue à B’chira à Hammam-Lif)

Chapitre XI Témoignages

Les témoignages de certaines personnalités ayant connu B’chira sont reproduits :

Moncef Barbouch, Jamila Slim,  sœur de Mongi Slim, Professeur Habib Chiboub, Nouri Boudali
De nombreuses propositions pour commémorer le souvenir de cette grande dame qui n’ont jamais été tenues. Cet essai est une modeste tentative de réhabilitation

Le livre sur B’chira concorde en tout cas avec le centenaire de sa naissance

Chapitre  XII L’entretien de B’chira Ben M’rad avec  Lilia Labidi se rapportant à sa jeunesse

C’est le début d’un entretien touchant en arable dialectal traduit avec la psychiatre Lilia Labidi. B’chira y parle surtout de son enfance difficile après la mort de sa mère.

Chapitre  XIII Photos de B’chira Ben M’rad
Ces photos ont été rassemblées avec certaines difficultés mais j’ai assuré leur diffusion dans les réseaux sociaux

Chapitre XIV : Notes sur les chapitres

Ces notes renvoient et expliquent certaines assertions dans les chapitres

En conclusion l’auteur délivre quelques souvenirs personnels de B’chira Ben M’rad qui est sa tante maternelle : Dame affable et conviviale, à forte personnalité, consciente et méfiante des manipulations, femme au grand cœur dépourvue matérialisme et dénuée de vénalité, possédant une rigueur morale puissante, sympathique, communicatrice et ayant le sens de l’humour.

Des questions ont été posée par le public présent dans la salle dont une se rapportant au lien entre les ennuis connus par B’chira et son père et leur appartenance au rite Hanéfite.

L’auteur avait répondu que : « le tribunal charaïque était doublement composé de Hanéfites et de Malékites et que ce n’était qu’en 1932 que le rectorat de la Zitouna avait été unifié sous la direction de Md Tahar Ben Achour et que chacun des présidents du conseil Hanéfite et Malékite avait été désigné cheikh Islam »/ Il avait ajouté que l’Ifta au conseil charaïque était prononcé suivant celui le plus favorable aux Musulmans parmi ces deux rites et que le Hambalisme dont nous voyons aujourd’hui l’effet pervers n’avait pas droit au chapitre. B’chira Ben M’rad et son père n’avaient pas-avait-il dit- été ennuyés à cause du hanéfisme mais plutôt des calculs de Bourguiba qui voulait se débarrasser de la monarchie et par conséquent de son avatar le conseil charaïque indépendamment des rites pratiqués.

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