mercredi, 5 août, 2026
Espacemanager
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR
No Result
View All Result
Espacemanager
No Result
View All Result

Bourguiba avait-il peur des rites musulmans !?

26 novembre 2013
in Divers
A A
Share on FacebookShare on Twitter

alt

A l’issue d’une conférence que j’avais donnée sur la militante féministe B’chira Ben M’rad, en marge de la 30ème session de la Foire Internationale du Livre qui s’était tenue à l’espace des Expositions du Kram du 25 octobre au 5 novembre passés, l’un des présents m’avait posé la question suivante: « Ne pensez vous pas que les ennuis rencontrés par B’chira Ben M’rad et son père sont dus à leur appartenance au rite Hanéfite ? ».

J’avais répondu que le tribunal charaïque était doublement composé de Hanéfites et de Malékites et que ce n’était qu’en 1932 que le rectorat de la Zitouna avait été unifié sous la direction de Mohamed Tahar Ben Achour et que chacun des présidents du conseil Hanéfite et Malékite fut désigné cheik Islam.

J’avais ajouté que l’Ifta au conseil charaïque était prononcé suivant le plus favorable aux Musulmans parmi ces deux rites et que le Hambalisme dont nous voyons aujourd’hui l’effet pervers n’avait pas droit au chapitre.

B’chira Ben M’rad et son père n’avaient pas été ennuyés à cause du Hanéfisme mais plutôt des calculs de Bourguiba qui voulait se débarrasser de la monarchie et par conséquent de son avatar le conseil charaïque indépendamment des rites pratiqués.

Je reviens ici sur cette appartenance de la Tunisie à la fois au rite Malékite et au rite Hanéfite. Le destin tumultueux de B’chira Ben M’rad était en effet lié à sa rencontre, pendant son parcours, du Leader Bourguiba avec lequel les relations s’étaient caractérisées par un phénomène  d’attraction–répulsion.  

Il faut dire que la stratégie de Bourguiba pour l’accès au pouvoir était basée sur la séduction du milieu bourgeois et une possible union dans ce sens avec une femme de ce milieu. Au passage j’avais mis en lumière la stratégie des alliances dans les milieux aristocratique et bourgeois en Tunisie, auxquels Bourguiba avait voulu adhérer.

Par rapport à B’chira c’était une voie non passante car autant elle que son père le cheikh Mohamed Salah Ben M’rad qui était devenu plus tard cheikh Islam sous Moncef Bey avaient des sympathies Yousséfistes, d’où la vengeance du Raïs pour ce rejet.

Bourguiba recherchait la transformation des mentalités et la fusion des classes à l’image de la révolution bourgeoise de 1789 en France, caractérisée par la philosophie des Lumières et il se positionnait lui-même en tant que cobaye de laboratoire pour atteindre cet objectif.

Pour lui cela avait été à l’issue de sa longue vie une victoire mitigée ou un semi échec à cause de son  souci de diriger seul et ne pas intégrer les autres acteurs valeureux dont B’chira. Pour B’chira qui avait terminé sa vie dans la dépendance matérielle, cela avait été peut-être à ce niveau un échec mais elle était morte consciente d’avoir joué le rôle qui lui revenait.

Mais pourquoi était-il vital pour Bourguiba d’axer sa stratégie d’accès au pouvoir sur la discréditation du rite Hanéfite ? Pour le comprendre, il faut revenir aux enjeux du congrès eucharistique de 1930.

Ce congrès avait indirectement comme enjeu important le futur statut à donner aux femmes dans la société tunisienne. A cette époque il existait une opposition entre les Prépondérants catholiques (propriétaires terriens en Tunisie) et les radicaux de gauche de la 3ème république qui détenaient le pouvoir en France. Ils divergeaient  sur le degré d’éducation et d’instruction à donner aussi bien à l’homme qu’à la femme indigène et les Prépondérants voyaient que les Tunisiens et les Tunisiennes autochtones devaient être cantonnés au rôle d’exécutants et n’avaient pas besoin de poursuivre des études poussées.

Pour eux une formation rudimentaire était amplement suffisante. Cependant à  l’intérieur du courant religieux des colons eux-mêmes, il existait un courant tolérant (le père  Demeersman, directeur de L’institut des Belles Lettres Arabes IBLA assistait par exemple  aux conférences de Tahar Sfar à la Khaldounia en 1930). On peut dire qu’il était un chrétien de gauche alors que chez nous certains pontes de la Nahdha se prévalent fièrement d’être de droite en oubliant que gauche et droite sont des sensibilités que l’on peut trouver dans l’architecture  même de l’Islam.

Dans ce sens, en Tunisie, l’Islam sans qu’il existe réellement une rivalité entre les rites majoritairement pratiqués, à savoir le Hanéfisme et le Malékisme,  il existait une opposition entre le courant conservateur et le courant progressiste auxquels appartenaient les cheikhs Tahar et Fadhel Ben Achour et le Cheikh Mohamed Salah Ben M’rad.

On peut dire par exemple que le cheikh Mohamed Sahah Ben M’rad, père de B’chira Ben Mrad, qui exerçait dans les années 1930 comme enseignant à la Zitouna,  était un musulman de gauche bien qu’il soit un pur produit de la sainte mosquée et qu’il ait accédé au poste de cheikh Islam Hanéfite. S’il avait été  Bach Mufti Malékite, il serait quand même resté progressiste et   cela n’aurait pas été différent car à ce moment le conseil charaïque que le cheikh islam présidait prenait ses décisions en fonction du rite le plus favorable aux Musulmans et non en fonction du rite caractérisant le président du conseil.

Mais plus tard Bourguiba avait essayé d’exploiter sur le plan religieux la différence entre Musulmans Malékites et Hanéfites en se prévalant du fait que les vrais indigènes étaient essentiellement Malékites et que le Hanéfisme avait été importé avec la « colonisation » ottomane et son avatar qu’était la dynastie husseinite. Cette manœuvre n’avait pas réussi et le rite Hanéfite avait continué à prospérer.

Actuellement, après la révolution la dépréciation des rites traditionnels de la Tunisie est remise à la mode. Les interventions extérieures des pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite et le Qatar tendent à essayer d’écarter ces rites de la pratique de l’Islam en Tunisie et de leur substituer le rite Hambalite qui est la base du Wahhabisme.

Les puissances occidentales ne sont pas étrangères à cette tentative de dépréciation. Ils ont trouvé une alliance des wahhabites quand ils avaient auparavant voulu restreindre l’influence des ottomans en Arabie Saoudite et d’une manière indirecte le Hanéfisme.

Mais ce qui fait de la peine, c’est que ces courants extrémistes trouvent des complicités internes et certains responsables religieux en poste n’hésitent pas à transfigurer l’histoire pour accréditer des alibis douteux qui risquent plus que tout à affaiblir l’indépendance de la Tunisie et la plonger dans les bras de lobbies scélérats manœuvriers et sans scrupules.

Les manœuvres coloniales et néocoloniales ont eu cours précédemment en Irak lorsqu’ils ont voulu monter les Musulmans sunnites contre les Musulmans chiites. Plutôt que d’opposer les rites, les colonialistes s’était proposé d’opposer le courant sunnite dans son ensemble et le courant chiite tout en favorisant à l’intérieur du sunnisme le rite le plus extrémiste qui était le Hambalisme auquel appartenait Ibn Taimiyya et le secte dont il était dérivé, le Wahhabisme,  mais cela ne leur avait pas tellement réussi car les Chiites s’étaient  montrés pour eux des adversaires encore plus redoutables que les Sunnites.

Les pays colonialistes tentent encore actuellement de nouveau d’utiliser les disparités de rites en Syrie en montant les Wahhabites contre les Alaouites mais cela ne semble pas tellement leur réussir encore une fois.

J’avais moi-même mis en exergue dans mon récent roman historique « L’émissaire barbaresque au Nouveau Monde » (Paru aux Editions Edilivre France le 29 mai 2013) les tentatives des Wahhabites d’investir le champ religieux en Tunisie en 1810 du temps de Hammouda Pacha Bey el Hussieni mais là encore les cheikhs de la mosquée Zitouna, autant les Hanéfites comme Bayram II le cheikh islam, que les Malékites comme le Bach Mufti Omar el Mahjoub et les cheikhs Ismaïl Témimi et Ibrahim Riahi s’y étaient opposés en édictant des fatwas qui étaient par la suite devenues célèbres.

Ces tentatives opportunistes d’exploiter les divisions rituelles par les pays coloniaux ne sont donc pas nouvelles et elles visent soit à asseoir leur domination coloniale directe, soit d’affaiblir indirectement les détenteurs du pouvoir politique  pour y placer leurs propres pions. Dans ce sens, l’idée de placer les « symboles » de l’Islam modéré à leur tête répond à cet objectif.

Quant au cheikh Ben M’rad, il n’interférait pas dans la volonté de ses filles de porter ou non le voile et laissait ses petits enfants libres ou non de prier à la mosquée (car pour lui l’Islam était une affaire privée et personnelle). Ce qui le plaçait comme un défenseur incontestable d’un Islam « laïc ». S’il s’était opposé à Tahar Haddad c’était parce qu’il le suspectait de ne pas être capable d’interpréter l’Islam convenablement compte tenu de son faible niveau scolaire. Il soupçonnait notamment certains prêtres de l’église catholique de l’avoir assisté dans la rédaction de son livre. « Notre femme dans la législation et la société ».

Il avait confié à son fils que s’il avait appelé son livre qui avait succédé à celui de Haddad autrement que « Al Hidad Ala Imraat el Haddad » (voile du deuil sur la femme de Haddad) il n’y aurait pas eu un tel tollé, car en dehors des pages préliminaires où il y fustigeait Haddad, la plus grande partie du texte ne faisait qu’analyser le rôle du Coran et de la Sunna dans la promotion de la femme musulmane. Au fond ce n’était rien d’autre qu’un précis de droit sur la place accordée à la femme dans l’Islam.

La « Nadhara Al Ilmia » de la Zitouna  présidée par le cheikh Tahar Ben Achour avait jugé le livre de Haddad et l’avait condamné et les esprits étaient ils alors encore chauffés par les risques de naturalisations que faisait peser la tenue du récent congrès eucharistique. Ahmed Bey II et le grand vizir Khalil Bouhajeb appuyaient cette condamnation alors que Bourguiba camouflait encore son jeu attendant de rebondir.

L’expression “Hadha ala al hissab hatta nakraa al Kitab” attribuée au cheikh Ben M’rad est donc en tous cas une pure légende. Le cheikh Ben M’rad avait poussé ses filles à militer au sein de l’UMFT. Il avait préparé les statuts de l’association ainsi qu’il avait aidé sa fille B’chira sa présidente à préparer ses discours et ses articles dans la revue qu’il avait créée appelée « Chams Al Islam ».

Ses filles dont principalement B’chira militaient et  assistaient les nationalistes dans la lutte contre les naturalisations et la confiscation de l’identité. Quand à Haddad, son apport à la libération de la femme tunisienne est indiscutable et ne saurait bien sûr être remis en cause. Comme tous les précurseurs et les novateurs géniaux il avait dû amortir les premiers coups assénés par ses détracteurs réels.

Et Bourguiba ?

Cependant Bourguiba avait joué  à cette époque comme déjà indiqué par calcul politique un  rôle ambigu à propos du voile par ses .alliance et ses mésalliances successives avec le milieu zeitounien en jouant avec ruse sur les rivalités internes au sein de la Zitouna  (notamment avant et après le Congrès de Ksar Hallal créant le Néo-Destour en 1934).

Dans cette « bagarre » entre Ben M’rad et Haddad, les autorités coloniales étaient restées distantes. Le  Résident François Manceron  avait envoyé  une lettre à Aristide Briand au quai d’Orsay lui demandant de ne pas intervenir. Appui cependant du Résident général à l’organisation du congrès de Langue Arabe en 1930 au théâtre municipal (avec la participation de Mohamed Salah  Ben M’rad.

Pendant ce temps B’chira avait pris progressivement de l’autorité. Un modernisme de B’chira est constaté à propos du port du voile (elle n’hésite pas à l’enlever en Tunisie pendant les manifestations, ne porte pas le voile à l’étranger). Elle continue à respecter son père mais se démarque de lui d’autant plus qu’il lui donne sa pleine autonomie.

Mais peut-on dire que Bourguiba jouait alors le jeu des colonialistes ? On ne saurait le dire. Il était ambitieux. Il voulait atteindre le sommet pour voir non pour ses intérêts matériels étroits mais pour pouvoir mener la politique qui lui semblait la meilleure pour le pays.

Lui-même connaissait le jeu pervers des autorités coloniales et leur souci d’exploiter les variantes confessionnelles internes. La France se positionnait en observateur et attendait elle-même l’occasion de prendre la posture qui lui était la plus favorable.

Comme déjà dit, en France les radicaux de gauche de la troisième république étaient au pouvoir alors que dans la régence, c’était les radicaux de droite à savoir les Prépondérants. Mais par rapport à ses colonies l’Hexagone privilégiait ses intérêts et réservait les principes démocratiques à la Métropole.

La France voyait en Bourguiba un allié objectif et vice-versa. « La combattant suprême » voulait se débarrasser des anciens dirigeants et la vague de décolonisation l’aidait car l’ancien colonisateur voyait en lui un substitut propre à l’aider à concrétiser la politique étrangère qu’il voulait mener.

Et on ne le dira jamais assez, Bourguiba était un visionnaire. Il était en plus très sensible. Quand il avait mal, il avait aussi mal pour la Tunisie. On ne peut donc douter de son patriotisme et de son désir de faire du bien pour son pays. Il n’était pas matérialiste et il n’a rien laissé qui lui appartienne en propre après sa mort.Son seul point faible (et c’est déjà beaucoup) était son égo très fort.

Bourguiba avait au cours de sa longue carrière politique parfois vu juste et parfois s’était trompé. Il avait vu par exemple qu’il ne fallait pas que le Destour soutienne l’Allemagne durant la seconde guerre mondiale. Bien qu’en étant enfermé, il ne croyait pas en Hitler et ne voulait pas qu’on le suive. Pendant la colonisation il était prêt à marcher sur beaucoup de cadavres pour arriver à son but. Il avait vu aussi que l’Islam n’était pas antinomique de progrès et n’avait pas suivi Ataturk non plus dans sa politique de sécularisation à outrance.

Mais il avait vu où se dirigeait alors le monde. Il avait vu le bloc soviétique faiblir et observé la montée du courant tiers-mondiste. Il était donc prêt à parier sur un Islam « Light » qui n’allait contrer l’occident.

Peut être pensait-il au fond du bien de certains cheikhs de la Zitouna mais il pensait que tous les signes forts de la monarchie devaient disparaître…Et l’histoire est en train de le juger.

Mais aujourd’hui ? La mondialisation prend forme et l’Occident tend à adopter une politique différente. Le gap entre le Nord et le Sud doit s’accentuer. Une culture dominante doit prendre forme avec dans sa périphérie des « poches » de cultures déficientes et anachroniques.

L’exploitation des divisions religieuses et rituelles doit permettre de la faire suivre de la part des multinationales  par une exploitation économique plus accentuée non contredite par des velléités de résistance. La guerre pour le pétrole prend de plus en plus des allures de nouvelle croisade. Les contours du grand Moyen-Orient prennent forme et l’Occident bat de plus en plus en brèche la résistance des Russes et des Chinois pour parvenir à créer ce nouvel ensemble.

Seule  une troisième guerre mondiale pourrait contrecarrer ce projet mais le prix à payer pour cette guerre qui est étudiée dans les Thinktanks est encore trop lourd…La Tunisie a toujours été sauvée à travers l’histoire par des dirigeants charismatiques et nous sentons que cette fois encore devant ces enjeux enchevêtrés, nous en ayons encore besoin…

Par Hatem el Karoui, écrivain

Previous Post

Sofiène Ben Farhat assassiné cette semaine !?

Next Post

Le Conect Business Road Show Tunisie, du 27 au 29 novembre 2013 à l’Hôtel Le Palace

Next Post

La Tunisie entre trahison islamiste et complot sioniste !

Discussion about this post

EspaceManager

Espacemanager

  • Contact
  • Qui sommes-nous ?

Nos rubriques

  • Actualités
  • Auto
  • Chroniques
  • Communiqués
  • Divers
  • Économie
  • Finance
  • High-tech
  • Infos sociétés
  • International
  • Interviews
  • Macro
  • Marketing
  • Politique
  • Social
  • Sport

Suivez Nous!

No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR