Jabbeur Mejri, ce jeune diplômé chômeur de la ville de Mahdia, incarcéré depuis plus de trois mois, avait été condamné en première instance le 28 mars à sept ans et demi de prison pour « trouble à l’ordre public, préjudice causé à des tiers à travers les réseaux publics de communication et atteinte à la morale ».
La cour d’appel de Monastir a confirmé le verdict, alors que son avocat, Me Ahmed Msalmi, espérait une atténuation de la peine.
Jabbeur Mejri avait publié des caricatures du prophète, jugées « choquantes » y compris par ses défenseurs, sur sa page Facebook.
« Nous sommes conscients de l’importance du respect de la chose sacrée mais le jugement est particulièrement sévère et n’est pas conforme aux droits de l’Homme, il peut même être considéré comme une forme de torture », a déclaré son avocat à l’AFP, qui n’a pas exclu un pourvoi en cassation.
Pour sa part, l’avocate et militante des droits de l’Homme Bochra BelHaj Hmida, qui avait contribué à médiatiser l’affaire, s’est déclarée « choquée et révoltée » après avoir appris le verdict.
« Je n’en reviens pas. C’est une justice de deux poids deux mesures, quand on pense qu’il n’y a même pas de poursuites contre ceux qui lancent des appels au meurtre contre les artistes, qui diffusent leur message de haine sur internet ».
En première instance, un autre jeune de Mahdia, Ghazi Béji, avait aussi été condamné par contumace à la même peine. Il avait pris la fuite vers l’Europe après l’arrestation de Jabbeur début avril.
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