
Le pessimisme et la nostalgie sont suspects de cultiver l’impuissance, de refuser le monde tel qu’il est, de désespérer, d’alimenter les mouvements sociaux et de ralentir le processus révolutionnaire …
Le pessimiste n’entrevoit pas l’avenir, ni la joie, ni le bonheur, et les «discoureurs » politiques de crise, toujours en guerre, le moins qu’on puisse dire, ne sont guère rassurants …
Alors que le nostalgique voit encore « le passé en rose», en déplaçant sa douleur dans un vindicatif souhait du retour impossible de l’ancienne dictature surannée (en témoignent les fâcheuses contestations de la semaine dernière devant le Pôle judiciaire).
Ils sont en général décrits comme deux maladies de l’après-révolution. L’une n’exclut pas l’autre, les deux états d’âme recèlent leur part d’illusion mortifère.
La nostalgie est ainsi recherche infinie d’un « chez soi » perdu dans la douleur d’un laissé-pour-compte, où le Tunisien ne retrouve plus son juste milieu, et ne sait plus où donner de la tête. Tout ce qui se passe lui échappe.
A.F.
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