
D’abord, y-a-t-il eu réellement génocide ? En effet, il ne suffit pas que les Etats Européens et assimilés décrètent qu’il y a eu un génocide quelque part pour que la chose soit vraie. Les opinions collectives se forment souvent selon la loi du moindre coût affectif. Et il y a un coût affectif à reconnaître un génocide commis par un peuple de même race ou même religion. De même, il y a un bénéfice, en termes d’estime de soi, à dénoncer des supposés massacres commis par des peuples de races ou de religions différentes.
En guise de preuve, remarquez que les Européens parlent plus difficilement de génocide Irakien, alors que le nombre de tués y dépasse le supposé million et demi d’Arméniens tués par les Turcs. Ils ne parlent pas non plus de génocide Tchétchène…Sans parler du massacre de près de 10 millions de Vietnamiens, entre la tendre intervention Française et la continuation de l’œuvre par la douce main américaine, sans parler non-plus du massacre des Algériens, des Afghans, des Palestiniens ou quelques siècles avant, de l’extermination des indiens d’Amérique par les Espagnols puis les Anglais, ou encore de l’extermination méthodique des Musulmans Andalous qui s’est étalée sur plusieurs siècles, sous l’égide de l’Eglise Catholique.
Mais l’examen de ce qui semble constituer des faits historiques largement reconnus concernant la situation des Arméniens au sein de l’Etat Ottoman au début du 20ième siècle, laisse penser qu’il y a du y avoir des choses pas très correctes. Le gouvernement Turc de l’époque (1915) reconnaît avoir planifié des déplacements de populations Arméniennes vers la Syrie et l’Irak. Comme à l’arrivée il n’y a pas grand monde, on peut se poser des questions…
A supposer qu’il n’y a eu qu’un déplacement forcé de population, un tel agissement inhumain est un haram grave d’après une aya coranique sans ambigüité (aya 85 de sourat el Baqara):
ثمّ أنتم هؤلاء تقتلون أنفسكم و تُخرجون فريقا منكم من ديارهم تظاهرون عليهم بالإثم و العدوان وإن يأتوكم أُسارى تُفادوهم « و هو مُحرّم عليكم إخراجهم
أفتُؤمنون ببعض الكتاب و تكفرون ببعض فما جزاء من يفعل ذالك منكم إلاّ خزيٌ في الحياة الدنيا و يوم القيامة يُردّون إلى أشدّ العذاب و ما الله بغافل عمّا تعملون
Cependant, là où l’historiographie Occidentale ou Arménienne fait preuve d’un manque d’objectivité, c’est quand elle met dans le même sac la Turquie d’avant 1908 commandée par le sultan Abdel Hamid 2 et celle d’après le 23 Juillet 1908, date à laquelle les Jeunes Turcs ont pris le contrôle de l’armée, et surtout à partir de leur prise de pouvoir brutale le 23 Janvier 1913.
Il est bien connu que les évènements suspects (comme les déplacements forcés de population), se sont déroulés de 1915 à 1916. C’est bien le groupe des jeunes Turcs qui dirigeait la Turquie à ces dates. Ce groupe est donc le vrai responsable de cette tragédie. La mentalité de ce groupe n’a rien à voire avec la mentalité Ottomane habituelle, représentée jusqu’en 1908 par le Sultan Abd el Hamid 2. En effet, le sultan Abd el Hamid 2 était un homme bien instruit, mais aussi assez attaché à l’Islam. Il comprenait l’Arabe et par conséquent il pouvait accéder aux principes du Coran qu’il plaçait par-dessus tout. C’est là la grande différence avec le groupe jeune-turc qui est constitué de jeunes comploteurs préalablement endoctrinés par les Francs-maçons qui leur ont inculqué l’idolâtrie de la race Turque.
Auraient-ils pris au sérieux la consigne coranique (aya 13 de sourat Elhoujourat):
يا أيها الناس إنّا خلقناكم من ذكر وأنثى وجعلناكم شعوباً وقبائل لتعارفوا إن أكرمكم عند الله أتقاكم إن الله عليم خبير
Cette aya montre que c’est la moralité de l’être humain qui compte et non sa race.
Ou encore (aya 6 de sourat el kafiroun):
قل يا أيّها الكافرون….لكم دينكم و لي دين
Cette aya qui donne la bonne mesure entre la fierté d’appartenir à l’Islam et l’acceptation des autres.
Ou encore (aya 32 de sourat Elmayda):
من أجل ذلك كتبنا على بني إسرائيل أنه من قتل نفسا بغير نفس أو فساد في الأرض فكأنما قتل الناس جميعا ومن أحياها فكأنما أحيا الناس جميعا ولقد جاءتهم رسلنا بالبينات ثم إن كثيرا منهم بعد ذلك في الأرض لمسرفون
Cette aya qui montre l’importance de la vie humaine, et par conséquent la nécessité de la respecter.
Ou encore la aya citée ci-dessus qui interdit les déplacements forcés de population,
Auraient-ils évité de se soustraire à l’esprit de charité et de clémence que communique le Coran au croyant, qu’ils auraient évité de commettre l’irréparable et de devenir ainsi l’une des malédictions de l’histoire de l’humanité.
Certains Occidentaux mettent à tort les persécutions d’Arméniens qui ont eu lieu sous le règne de Abd el Hamid 2 dans le même sac. Les causes sont totalement différentes. La pression, avec des emprisonnements et parfois des exécutions, qu’a exercée l’armée de Abd el Hamid 2 sur les Arméniens était une réaction d’un Etat qui luttait légitimement contre la sécession armée. Rien à voire avec la volonté jeune-Turc honteuse de chasser une race. L’action de l’armée de Abd el Hamid 2 ne constitue pas plus un génocide que l’intervention des Anglais en Irlande du Nord, ou celles des Espagnols dans le pays Basque.
Il est largement reconnu que les puissances Chrétiennes (Angleterre, Allemagne, Russie…) exerçaient à partir de la fin du 18ième siècle des pressions très agressives, autant militaires que politiques, sur l’Etat Ottoman pour alimenter les mouvements de sécessions internes à cet Etat. Le 19ième siècle est constitué d’une succession de révoltes Chrétiennes armées, des Balkans à l’Asie centrale, révoltes ponctuées par des guerres menées par les grandes puissances tout les 15-20 ans environ et suivies de concessions Ottomanes.
La guerre de Crimée (au Nord-Est de Constantinople) en 1853 est la troisième grande guerre à laquelle devra faire face l’Etat Ottoman au 19ième siècle. Des troupes Tunisiennes ont participé aux cotés des troupes Turques. La plupart y a été décimée. Cette guerre a fait plus de 700 000 morts, principalement Musulmans.
Après avoir vaincu les Ottomans, la Russie y a été attaquée et vaincue par les Franco-Anglais qui craignaient de voire la Russie manger toute seule le gâteau Ottoman. Ne pensez surtout pas que les Franco-Anglais prenaient le parti Turc. Bien au contraire, avec les Germaniques, ils étaient les principaux supports en armes, idées et argent, des séditions qui déchiraient l’Etat Ottoman. Ils laissaient ensuite les Turcs et les Russes s’entretuer pour venir cueillir le fruit mur au moment voulu.
Une autre guerre a été déclenchée contre les Ottomans en 1877, cette fois sur les deux fronts Ouest (Balkan) et Est (Caucase). Grâce à cette guerre, qui a fait plus de trois cent mille victimes, les Russes ont pu acquérir l’Arménie orientale et renforcer leur emprise sur les Arméniens situés plus à l’Ouest, sur le territoire de l’actuelle Turquie. C’est là qu’on été semées les graines du mouvement séparatiste armé des Arméniens de l’Ouest, mouvement qui va occasionner de nombreuses victimes de part et d’autre, et qui va servir à l’Occident pour affaiblir l’Etat Ottoman et à accélérer sa décomposition.
Le butin de guerre des Anglais a été l’ile de Chypre, celui des Français….la Tunisie !
En outre, les Anglais se sont vu accorder par leurs complices Français et Russes, le statut de protecteurs des Juifs du Moyen-Orient. Remarquez que les Allemands n’ont rien eu. Comme cela se confirmera souvent par la suite, de la colonisation de l’Afrique et du Moyen-Orient, aux accords de Yalta, le gâteau se trouve partagé entre d’une part les Anglais affublés de leurs auxiliaires Français, d’autre part les Russes.
Le statut de protecteurs des Juifs a une importance capitale pour les Anglais dans leur stratégie d’extension de leur hégémonie au Moyen-Orient. En effet, les autres puissances Chrétiennes peuvent compter sur les communautés de mêmes rites existantes au Moyen-Orient, pour accroître leurs influences et développer leurs intrigues : les Français Catholiques utilisent les services des communautés Catholiques du Liban, de Syrie et d’Irak, et les Russes Orthodoxes utilisent les services des Arabes Orthodoxes de ces régions.
Les Anglais Protestants ne disposent pas d’un tel atout car il n’existe pas de tradition Protestante au Moyen-Orient, c’est pourquoi ils ont porté leur dévolu sur les Juifs dont ils s’évertuent à accélérer l’installation en Palestine. Un trait de l’histoire encore à l’œuvre aujourd’hui.
Ces guerres incessantes ont abouti au traité de Berlin en 1878, traité dans lequel l’Etat Ottoman renonce à une grande partie de ses provinces. Mais le harcèlement continue quand même, tel une meute de loups contre un cerf isolé. Il ne se fait pas seulement par l’intermédiaire de la manipulation des Chrétiens de l’Etat Ottoman, en faisant jouer la proximité religieuse, mais aussi par l’intermédiaire d’une partie de l’élite Turque, les jeunes-Turcs, ayant rejeté le Coran suite à sa formation en Occident, pour le remplacer par des théories impropres.
Sur le plan Arabe, le mouvement de Michel Aflaq est à classer dans le même tiroir. Le Wahhabisme qui croit lire dans l’Islam les principes de son intolérance sectaire, remplit le même rôle bien qu’il ne soit pas basé sur le nationalisme.
Le personnage central des jeunes Turcs, Enver Pacha, est un officier Turc formé en Allemagne qui a cru dans la théorie que les Allemands lui ont inculqué, théorie du nationalisme, de la suprématie de la pureté raciale et de la responsabilité de l’Islam dans la situation dramatique des Turcs.
Il a gagné la sympathie des Arméniens en leur promettant de supprimer la jyzia, l’impôt islamique sur les non-Musulmans. Mal leur en a pris, puisqu’il a entrepris de les chasser de Turquie dès qu’il s’est saisi du pouvoir. Enver Pacha a certainement bénéficié d’un appui diplomatique Allemand pour progresser dans l’armée Ottomane. Il le leur a rendu en contribuant à soulever les Arméniens conformément aux plans Allemands.
L’action subversive des puissances Chrétiennes est arrivée à créer un mouvement armé des Arméniens de Turquie qui réclame la dislocation de l’Etat Ottoman. Ce groupe armé Arménien attaque l’armée officielle Ottomane en 1894, à la grande satisfaction de l’Allemagne. Pire, ce mouvement organise en 1905 un attentat contre le sultan Abd el Hamid 2 devant la mosquée pendant la prière du Vendredi. Abd el Hamid 2 vient en retard et échappe à la mort. Mais 26 périrent et il y eu beaucoup de blessés. On voit donc que le contexte était plus proche d’une auto-défense d’un Etat contre sa propre dislocation que d’une campagne de haine visant une communauté précise.
Il est donc inapproprié de qualifier Abd el Hamid 2 de « sultan rouge », ou de parler de « massacres hamidiens » des Arméniens, comme le faisait la propagande Chrétienne. Cette approche est d’autant moins crédible que la mère de Abd el Hamid 2 était Arménienne. Quel monstre pourrait ainsi manifester de la haine contre la communauté de sa propre mère ? Certainement pas Abd el Hamid 2 qui n’a pas été seulement un roi, mais aussi un homme cultivé, amoureux de poésie et auteur lui-même de poésie mystique.
Il est aussi inapproprié de reprendre les qualificatifs des puissances Chrétiennes au sujet de l’Etat Ottoman : homme malade, corruption, désorganisation…Si on considère la violence des coups de boutoirs que n’a cessé d’encaisser cet Etat à partir du 19ième siècle, on peut se dire que c’est déjà bien qu’il soit arrivé à survivre sous la forme de l’Etat Turc actuel. Et le sultan Abd el Hamid 2 a contribué grandement à ce maintien.
Il devient ainsi clair que la responsabilité d’un éventuel génocide revient aux dirigeants jeunes Turcs, aussi bien pour des raisons chronologiques qu’idéologiques.
Ces gens étaient en général d’un caractère impulsif, ambitieux et mal armés en termes de qualités humaines nécessaires pour des chefs qui prétendent sortir leur peuple de l’asservissement, qualités telles que la loyauté, la patience, l’endurance et la modestie. C’est pour cela qu’ils se sont laissés convaincre d’utiliser des méthodes impropres pour arriver au pouvoir. Et une fois au pouvoir, ils se sont laissés enivrer par leur puissance au point de tyranniser leur peuple et de commanditer des crimes irréparables. La nature de l’homme, si elle n’est pas domptée par un effort de suivre les belles qualités, dérape facilement vers les excès s’il accède à la richesse.
Ayat 7, 8, 9 et 10 de sourat Echams
و نفس و ما سوّاها, فألهمها فجورها و تقواها, »
« قد أفلح من زكّاها, و قد خاب من دسّاها
Aya 6 et 7 de sourat El alaq
« كلاّ إنّ الإنسان ليطغى, أن رءاه استغنى »
Le 23 Janvier 1913, alors que les hommes d’Etat conservateurs ont repris les commandes de l’Etat Ottoman depuis l’été 1912 grâce à la confiance dont ils jouissaient auprès du peuple, Enver Pacha s’est rendu complice du meurtre du ministre de la guerre Nazim Pacha au cours d’une irruption dans un conseil des ministres avec des complices militaires. Les jeunes Turcs ont ainsi totalement pris le pouvoir et ont eu les mains libres pour effectuer leurs mauvais coups.
A cause de la germanophilie de Enver, les jeunes Turcs ont ensuite fait l’erreur d’engager l’Etat Ottoman aux cotés de l’Allemagne dans la première guerre mondiale.
Enver n’était pas au fond hostile à l’Islam, mais il a eu le tort d’idolâtrer une théorie raciste et de comploter contre le sultan en connivence avec les Allemands. Les archives de l’armée soviétique indiquent qu’il est mort en luttant contre elle au Tadjikistan, au nom de l’Islam. Allah sait mieux que nous s’il est mort Musulman ou non.
Ce qu’on peut savoir, c’est que son action, depuis le coup de 1908, qu’ils appellent la « révolution » jeune Turque, jusqu’à la fin de la première guerre mondiale, a été destructive pour l’Etat Ottoman. Le pauvre Enver a été trompé par son orgueil et sa vanité. Aujourd’hui, il est non seulement maudit par les Musulmans pour son action politique destructrice, mais aussi par les Chrétiens, dont pourtant il s’est fait l’agent à une période de sa vie, en raison du mauvais traitement qu’il a infligé aux Arméniens. L’histoire contemporaine des Musulmans offre beaucoup d’autres exemples de leaders comparables à Enver qui on eu la même fin : damnés de tous. A bon entendeur !
Une autre personnalité des jeunes Turcs, plus connue, est Ataturk. Ce dernier est comme Enver, un homme impulsif et impatient mais son attitude vis-à-vis de l’Islam est beaucoup plus négative. En plus, il mène une vie débauchée. Contrairement à Enver, il refuse de jurer sur le Coran au cours des cérémonies officielles. Il n’a pas de scrupules à interdire les chechias Turques et à exiger leur remplacement par les bérets. Il tente d’éliminer de la culture Turque toute trace d’Islam et de langue Arabe, en allant jusqu’à remplacer l’alphabet Arabe par le Latin. Il fait fermer les zaouias qui donnaient un enseignement Islamique et Soufi, enseignement apprécié et encouragé par le sultan Abd el Hamid 2. Enfin, il aurait fait supprimer son prénom « Mustapha », prénom qui fait référence au Prophète.
Par sa faute, nous sommes séparés aujourd’hui de la Turquie. Ils ne comprennent pas l’Arabe, qui était la langue officielle du pouvoir Ottoman, et nous ne comprenons pas le Turc.
Les Musulmans hors de Turquie l’admirent généralement parce qu’ils ne connaissent pas ce coté destructeur de son action. Ils ne connaissent que les grandes victoires militaires qu’il a réalisées. En effet, sous son commandement, l’armée Turque a réalisé les premières victoires militaires depuis des décennies, voire des siècles.
Au cours de la première guerre mondiale, il bat les Anglais et leurs acolytes Australiens et autres dans la guerre des Dardanelles (1915). Il expulse l’armée Française d’une province que le partage du gâteau lui a destiné : la Cilicie. Après la fin de la première guerre mondiale, il bat l’occupant Grec qui chercher à s’approprier la partie Occidentale de la Turquie (Izmir). Il permet ainsi d’éviter l’application du plan des Alliés qui prévoyait de faire de Constantinople une zone internationale, et de la Turquie une mosaïque d’Etats sous le contrôle des diverses puissances.
Il faut dire qu’il a bénéficié du désaccord entre les Chrétiens. En effet, après la fin de la première guerre mondiale, il a bénéficié de l’appui discret des Anglais et Français contre la Grèce. Ces derniers ne voyaient pas d’un bon œil une domination de Constantinople par les Grecs, ce qui donnerait à leurs yeux une légitimité indésirable au Christianisme oriental. Encore une constante de l’histoire !
Le défilé des papes de Rome à la tombe d’Ataturk n’exprime donc pas uniquement leur amour de la paix comme ils l’affirment, mais aussi leur sympathie envers un homme qui a involontairement arrangé leurs affaires en privant le Christianisme oriental de l’antériorité et la précellence que lui aurait donné la possession de Constantinople, et qui a réalisé quelque progrès dans ce qu’ils croient être un début de déracinement de l’Islam.
Le dernier, Benoît XVI, ne s’encombre pas de détours pour associer dans l’un de ses discours en 2006 violence et Islam, paradoxalement au terme de deux décennies où le nombre de meurtres de Musulmans par des Chrétiens n’a jamais été aussi élevé de toute l’histoire: des Balkans à l’Irak en passant par l’Azerbaïdjan, la Tchétchénie, l’Afghanistan et que sais-je encore, sans oublier le calvaire Palestinien où les Chrétiens Occidentaux ont une grande part de responsabilité par l’appui constant qu’ils manifestent au Sionisme derrière des condamnations de façade.
Les succès militaires spectaculaires d’Ataturk ne doivent pas nous empêcher de voir son acharnement contre l’Islam. A quoi peuvent servir des succès remportés par des koffars et des hypocrites à la tête des Etats Islamiques? Ces gens sont fragiles et vaniteux. Ils sont par conséquent facilement des proies à l’orgueil et à l’égoïsme. Ils ne possèdent pas les qualités indispensables pour faire face aux défis auxquels sont confrontés leurs peuples. En raison de leur légèreté d’esprit et leur horizon limité, ils ne peuvent rien construire de durable et utile.
Aya 17 de sourat Erraad:
« …و أمّا الزبد فيذهب جفاء و أمّا ما ينفع الناس فيمكث في الأرض… »
En raison de la loi du moindre coût affectif, les Chrétiens et les Juifs ont un penchant naturel vers ces gens et ils usent de leur influence pour les porter au sommet des Etats Islamiques. Mais c’est une erreur de suivre leurs recommandations dans ce domaine.
L’Etat Ottoman, malgré ses défauts, et malgré la tyrannie de certains de ses sultans, a constitué une expérience rare où plusieurs confessions ont coexisté pacifiquement pendant des siècles: Juifs, Chrétiens de toutes sortes, Musulmans Sunnites des quatre écoles, Chiites, Druzes ou Khawarij. Bien sûr, les contestations existent et existeront toujours. Il est normal que ceux qui n’adhèrent pas à l’école dominante contestent.
Toutefois il est largement connu que chaque communauté avait le droit d’organiser sa propre vie culturelle et juridique à sa guise, dans les limites de la sécurité de tous assurée par l’armée Ottomane Islamique. Les communautés payaient la jyzia en échange de la sécurité garantie par cette armée. Cette jyzia tellement décriée aujourd’hui, constituait la garantie de leur droit à la différence. Les mauvais traitements ont commencé quand Enver a supprimé cette jyzia, ce qui a supprimé par la même occasion le droit à la différence.
En tant que Musulman, je voudrais bien payer aujourd’hui la « jyzia » aux Chrétiens, maintenant qu’ils sont aux commandes, si ça peut acheter aux Musulmans le même droit d’être en sécurité, de se déplacer et de travailler que les Chrétiens Occidentaux, et si ça peut calmer les élans belliqueux et les effusions de sang dont sont victimes les pays Musulmans sans défense depuis la chute des Ottomans.
Je voudrais bien payer la « jyzia » si ça peut aider à construire un système moins hypocrite et calmer les ardeurs de pillage, d’exploitation et de corruption qu’exerce le système mondial actuel sur les pays dit arriérés, sous couvert de financement de la démocratie, de plans de sauvetage économique et de crédits de développement.
L’expérience de l’Etat Ottoman prouve que la diversité culturelle, la tolérance et l’acceptation des opinions contraires ne sont pas des choses étrangères à l’Islam, contrairement à l’idée que véhiculent aujourd’hui les principaux médias, y compris certains médias supposés être Islamiques. Plusieurs ayat du Coran invitent à garantir aux autres cultes le droit de s’organiser librement et à faire référence à leurs propres textes religieux:
Concernant les Chrétiens et l’Evangile (aya 47 de sourat El mayda) :
« وليحكم أهل الإنجيل بما أنزل الله فيه و من لم يحكم بما أنزل الله فأولائك هم الفاسقون »
Concernant la Torah (aya 44 de sourat Elmayda):
« إنّا أنزلنا التوراة فيها هدى و نورا يحكم بها النبيّون الذين أسلموا للذين هادوا و الربّانيون و الأحبار… »
Voici une histoire racontée par Taha Hussein dans son livre « El Fitna El Kobra » qui illustre comment doit être la tolérance, la patience et le respect des opposants de la part d’un chef Islamique. Le quatrième calife éclairé, Ali Ibn Abi Taleb, a reçu un jour la visite du fils de Talha. Talha est un dissident qui a fomenté une révolte contre lui. Il s’en est suivi une bataille fratricide qui a fait des dizaines de milliers de morts : la bataille du chameau. C’est l’armée légitime de Ali qui a gagné cette bataille et Talha a été tué au combat. Le fils de Talha est entré et a salué Ali. Le calife a alors salué le fils de Talha et lui a souhaité la bienvenue. Le fils de Talha a dit « Tu as tué mon père et pris son argent, et tu me souhaite la bienvenue ? ».
Ali a dit « Quant à l’argent de ton père, il est mis de coté et en sécurité à bayt el mal. Tu peux aller le prendre. Quant à ton affirmation que j’ai tué ton père, j’espère que dans l’autre monde, la aya suivante s’appliquera à nous deux :
Aya 47 de sourat Elhijr:
« و نزعنا ما في صدورهم من غلّ, إخوان على سرر متقابلين »
Un homme borgne de Hamdane a alors dit « Allah est plus juste que ça ». En colère, Ali a répondu d’une voix qui a fait trembler tout le palais « Qui est donc concerné par cette aya si ce n’est Talha et moi ? ».
Malgré la colère qui l’a saisi à juste titre à propos de ce borgne qui abusait manifestement de sa droiture, surtout quand on connait les détails de la trahison de Talha, le calife n’a pas cherché à se venger et à le réprimer.
Ali a toujours écouté ses opposants et leur a laissé l’occasion de se joindre à son entourage et de s’exprimer, au point qu’une partie de ses partisans lui reprochant trop de tolérance vis-à-vis des comploteurs, se sont rebellés contre son autorité : les khawarij. Ali a supporté avec courage et patience les multiples défections et trahisons de tout ces gens qui, au fond, se sont laissés gagner par l’arrogance ou se sont laissés corrompre par les richesses désormais accessibles aux conquérants.
Il a vécu une vie pauvre, même au sommet de sa puissance. Il a refusé de se faire entourer d’une garde, pour être fidèle à l’exemple du Prophète, de Abou Bakr et de Omar. Il l’a payé de sa vie, comme Omar.
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