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Giorgia Meloni confrontée à l’échec de sa politique d’externalisation des migrants

4 août 2026
in International
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Giorgia Meloni confrontée à l’échec de sa politique d’externalisation des migrants
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Présentée comme l’une des mesures phares de la politique migratoire de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, l’externalisation du traitement des migrants vers l’Albanie est aujourd’hui au cœur d’une vive controverse en Italie. Alors que la cheffe du gouvernement envisage d’étendre ce modèle à d’autres pays africains en y créant des centres destinés aux migrants en situation irrégulière, l’opposition dénonce une stratégie coûteuse, inefficace et avant tout symbolique.

Le chef du parti centriste Azione, Carlo Calenda, estime que Giorgia Meloni refuse de reconnaître « l’échec total » de l’expérience albanaise. Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, il rappelle qu’aucun autre État membre de l’Union européenne n’a choisi d’installer des centres de rétention et de rapatriement hors de son territoire, une solution qu’il juge particulièrement onéreuse et dépourvue de résultats tangibles.

Selon les chiffres avancés par Carlo Calenda, les centres implantés en Albanie ont accueilli environ 600 migrants en deux ans, mais seulement 111 d’entre eux ont effectivement été rapatriés. Dans le même temps, leur fonctionnement aurait coûté 150 millions d’euros par an aux finances publiques italiennes. « Cela représente près de trois millions d’euros par migrant rapatrié », souligne le dirigeant centriste, qui qualifie ces installations d’« opération de propagande » plutôt que de véritable outil de gestion des flux migratoires.

Ces données nourrissent les critiques d’une partie de l’opposition, qui voit dans ce dispositif un investissement disproportionné au regard des résultats obtenus. Pour Carlo Calenda, le « modèle albanais », largement mis en avant par Giorgia Meloni comme une référence européenne en matière de lutte contre l’immigration clandestine, n’a pas démontré son efficacité et peine à justifier les moyens financiers engagés.

Le dirigeant d’Azione critique également la décision de suspendre l’application des accords de Schengen avec l’Espagne, qu’il considère comme contre-productive. Selon lui, cette mesure traduit un manque de solidarité européenne envers Madrid, confrontée à une forte pression migratoire, comparable à celle qu’avait connue l’Italie en 2016.

Évoquant la situation à Ceuta, Carlo Calenda estime que les comparaisons avec la crise de Vintimille ne sont pas pertinentes. Il rappelle que Ceuta est une enclave espagnole située en Afrique, où les accords de Schengen ne s’appliquent pas de la même manière, tout en avertissant que les tensions migratoires sont appelées à s’aggraver.

Sur le plan politique, le leader centriste reproche enfin à Giorgia Meloni de multiplier les prises de position destinées à séduire l’extrême droite internationale, au risque, selon lui, d’affaiblir le projet européen. Il estime par ailleurs que l’opposition de gauche se limite à dénoncer les choix du gouvernement sans proposer d’alternative crédible en matière de sécurité et de politique migratoire.

Ces critiques interviennent à un moment où la stratégie migratoire de l’exécutif italien fait l’objet d’un examen de plus en plus attentif, tant sur le plan national qu’européen, alors que Rome continue de défendre l’externalisation de la gestion des migrants comme un modèle susceptible d’être reproduit au-delà des frontières italiennes.

Source: Agence NOVA

Tags: centres destinés aux migrants en situation irrégulièreGiorgia Meloniitaliepolitique d'externalisation des migrants
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