L’Union européenne a fait part de sa vive préoccupation à la suite de la confirmation par la Cour de cassation tunisienne, le 3 septembre, de lourdes peines de prison visant des dizaines de personnalités publiques dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État ».
Dans une déclaration officielle publiée ce vendredi 4 septembre 2026 par le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), la diplomatie européenne pointe du doigt des condamnations frappant des opposants politiques, des activistes, des défenseurs des droits humains et des journalistes, parmi lesquels figurent plusieurs ressortissants européens.
Des doutes sur l’équité des procès et la criminalisation des diplomates
Au cœur des critiques de Bruxelles figure le respect des règles de droit fondamentales. L’UE souligne que de sérieuses interrogations demeurent quant aux garanties accordées pour un procès équitable. Le porte-parole du SEAE a rappelé aux autorités tunisiennes l’impératif de respecter les droits humains fondamentaux, en particulier la liberté d’expression.
Par ailleurs, l’Union européenne a vivement déploré un précédent judiciaire inquiétant : l’utilisation d’échanges avec des diplomates étrangers en poste en Tunisie, notamment européens, comme chefs d’inculpation ou preuves à charge lors de l’instruction.
Un appel au pluralisme politique
Tout en réaffirmant son attachement à son partenariat avec la Tunisie et son soutien au peuple tunisien dans la consolidation des institutions démocratiques, l’Union européenne exhorte les autorités locales à un changement de cap. Bruxelles appelle formellement le gouvernement à rétablir les conditions nécessaires pour permettre aux voix indépendantes et au pluralisme de jouer leur rôle dans le développement du pays.
S.G

