Les crédits bancaires aux particuliers ont légèrement progressé au cours du premier semestre 2026. Ils ont atteint 30,662 milliards de dinars à fin juin, contre 30,554 milliards de dinars six mois plus tôt.
Cette évolution limitée traduit les contraintes persistantes qui pèsent sur la capacité d’endettement des ménages tunisiens.
Les crédits bancaires aux particuliers en Tunisie ont enregistré une hausse modérée au premier semestre 2026. C’est ce qui ressort des données publiées par la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans sa note d’informations financières de juillet 2026.
À fin juin, l’encours global des crédits bancaires aux particuliers s’est établi à 30,662 milliards de dinars, contre 30,554 milliards de dinars en décembre 2025. Il s’agit d’une progression d’environ 108 millions de dinars, soit une croissance limitée à 0,35 %.
Cette évolution contraste avec celle observée un an auparavant. Entre décembre 2024 et juin 2025, l’encours des crédits bancaires aux particuliers avait augmenté d’environ 276 millions de dinars. Le rythme de progression est donc nettement moins soutenu cette année.
Crédits bancaires aux particuliers : des évolutions contrastées
Derrière cette relative stabilité des crédits bancaires aux particuliers, les différentes catégories de financement affichent des évolutions contrastées.
Les crédits destinés à l’aménagement du logement ont poursuivi leur progression. Leur encours est passé de 11,267 milliards de dinars en décembre 2025 à environ 11,348 milliards de dinars à fin juin 2026. La hausse atteint ainsi 80,5 millions de dinars.
Les crédits destinés à l’acquisition de véhicules ont également progressé. Leur encours est passé de 438,6 millions à 446,1 millions de dinars. Ils ont ainsi enregistré une hausse d’environ 7,4 millions de dinars.
Les crédits à la consommation progressent
Les autres crédits à la consommation ont également augmenté au premier semestre 2026. Leur encours est passé de 5,425 milliards de dinars en décembre 2025 à 5,550 milliards de dinars en juin 2026. La progression atteint environ 125 millions de dinars, soit une hausse de 2,3 %.
Recul des crédits à l’habitat et des prêts universitaires
À l’inverse, les crédits destinés à l’acquisition de logements ont reculé au cours du premier semestre 2026. Les crédits universitaires ont également enregistré une baisse. Leur encours est passé d’environ 15 millions de dinars à 13,8 millions de dinars. Cela représente une diminution de près de 1,2 million de dinars.
La baisse du taux directeur n’a pas dopé les crédits bancaires aux particuliers
Le ralentissement des crédits bancaires aux particuliers intervient alors que les conditions monétaires se sont légèrement assouplies.
La BCT a abaissé son taux directeur de 7,5 % à 7 % le 7 janvier 2026, soit une réduction de 50 points de base. Le TMM s’est ensuite maintenu autour de 7 % au cours des mois suivants.
Cette baisse devait contribuer à réduire le coût du financement bancaire. Elle devait également favoriser l’accès au crédit. Cela concerne notamment les emprunteurs bénéficiant de financements à taux variable. Or, cet assouplissement monétaire n’a pas entraîné une hausse significative des crédits bancaires aux particuliers.
La capacité d’endettement des ménages reste un frein
Cette progression limitée des crédits bancaires aux particuliers semble surtout refléter les contraintes qui pèsent sur la capacité d’endettement des Tunisiens.
Malgré des taux d’intérêt légèrement moins élevés, la demande de crédit reste contenue.
Le recul des crédits à l’habitat et des prêts universitaires a ainsi largement compensé la progression des crédits destinés à l’aménagement du logement, à la consommation et au financement automobile.
Dans ce contexte, le marché des crédits bancaires aux particuliers apparaît davantage marqué par une stabilisation que par une véritable reprise.
Crédits bancaires aux particuliers : une reprise encore fragile
Au terme des six premiers mois de 2026, les crédits bancaires aux particuliers affichent donc une progression limitée. L’encours n’a augmenté que de 108 millions de dinars en six mois.
La dynamique reste ainsi nettement moins soutenue que celle enregistrée un an auparavant.
Cette situation intervient pourtant dans un environnement marqué par une décélération de l’inflation, qui s’est établie à 5,4 % en août 2026. Elle intervient également après la baisse du taux directeur de la BCT.
Le contraste entre l’assouplissement des conditions monétaires et la faible croissance des crédits bancaires aux particuliers souligne les limites de l’effet des taux sur la demande de financement des ménages. La contrainte ne semble donc plus uniquement liée au coût du crédit. Elle tient également à la capacité réelle des particuliers à s’endetter davantage.
I.Z.

