La France a exprimé son soutien à la Tunisie dans sa démarche visant à réviser l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), en vue de parvenir à un partenariat plus équilibré et équitable, adapté aux nouvelles réalités économiques. Cette position a été exprimée lors d’un entretien téléphonique entre le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, et son homologue français, Jean-Noël Barrot.
Selon un communiqué du ministère tunisien des Affaires étrangères, les deux responsables ont échangé sur les relations de coopération entre leurs pays, les perspectives de leur développement ainsi que les prochaines échéances bilatérales et multilatérales.
Ils ont notamment souligné l’importance de poursuivre les efforts visant à consolider la coopération tuniso-française dans différents domaines, sur la base du respect mutuel et des intérêts communs. Ils ont également insisté sur la nécessité de bien préparer les prochaines échéances, dans le respect de la souveraineté de la Tunisie, des choix de ses institutions nationales et des intérêts réciproques.
Dans une publication sur sa page officielle, l’ambassade de France à Tunis a précisé que l’entretien, tenu le 4 novembre, avait également porté sur les enjeux diplomatiques liés au XXe Sommet de la Francophonie, prévu au Cambodge les 15 et 16 novembre prochains. Les deux ministres ont, par ailleurs, exprimé leur volonté d’approfondir la relation bilatérale afin de répondre aux attentes des peuples tunisien et français.
La révision de l’accord, une priorité réaffirmée par Tunis
Cette position française intervient dans un contexte marqué par les démarches tunisiennes en faveur d’une révision de l’accord d’association avec l’UE, signé le 17 mai 1995 et entré en vigueur en 1998. Tunis entend adapter ce cadre aux mutations économiques et géopolitiques et rééquilibrer les relations commerciales et économiques entre les deux parties.
Le président de la République, Kaïs Saïed, avait réitéré cet appel lors de sa rencontre, fin août dernier au palais de Carthage, avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann David Wadephul. Il avait alors plaidé pour la révision de plusieurs accords, dont celui liant la Tunisie à l’UE, afin de les rendre « plus équilibrés et plus équitables ».
Le chef de l’État avait également soulevé cette question lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français, Emmanuel Macron, le 20 mars dernier, insistant sur la nécessité de revoir les dispositions de l’accord d’association pour les rendre davantage conformes aux exigences d’équité et d’équilibre.
De son côté, Mohamed Ali Nafti avait défendu cette révision lors de sa rencontre, en septembre à New York, avec la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Il avait appelé à conférer davantage de réalisme et d’équité à l’accord, en tenant compte des intérêts et des priorités des deux parties, tout en respectant la souveraineté de la Tunisie et ses institutions nationales.
Faciliter l’accès au marché européen et promouvoir les investissements
Parmi les principales priorités tunisiennes figurent la facilitation de l’accès des produits nationaux au marché européen, la promotion des investissements à forte valeur ajoutée et l’accompagnement des transitions énergétique et numérique.
La Tunisie plaide également pour le développement de la coopération financière et scientifique, ainsi que pour une meilleure valorisation des compétences et des ressources humaines tunisiennes, afin de renforcer la contribution du partenariat au développement économique, au transfert de technologies et à l’innovation.
Lors de sa participation, début mai dernier, à la célébration de la Journée de l’Europe en Tunisie, Mohamed Ali Nafti avait déjà estimé que l’accord d’association, conclu il y a plus de trois décennies, ne répondait plus aux profondes mutations de l’économie mondiale ni aux répercussions actuelles et futures des conflits en Europe et au Moyen-Orient.
L’UE ouverte au dialogue sur les règles commerciales
De son côté, l’Union européenne a fait part de son ouverture au dialogue sur une éventuelle révision des règles commerciales prévues par l’accord d’association, dans le cadre de discussions constructives et globales entre les deux parties.
L’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, avait notamment fait état de la disposition de l’Union à poursuivre son soutien à la Tunisie et à consolider le partenariat bilatéral, tout en soulignant son ouverture aux propositions visant à actualiser l’accord et à développer la coopération.
Mercredi, l’UE a également réaffirmé, à travers une publication sur les réseaux sociaux, son engagement à poursuivre son partenariat avec la Tunisie et à renforcer la coopération bilatérale dans les domaines du développement, de l’investissement et de l’économie. Elle a souligné que cette relation ne se limitait pas aux accords et aux projets, mais reposait également sur le dialogue continu, les échanges entre les peuples et le renforcement des liens entre Tunisiens et Européens.
La délégation de l’UE en Tunisie avait, par ailleurs, annoncé en octobre dernier la conclusion d’un nouvel accord financier de 80 millions d’euros en faveur du budget de l’État tunisien, dans le cadre d’un programme d’appui à l’inclusion sociale.
À travers sa campagne de communication « EU with YOU » (L’Union européenne avec vous), l’UE réaffirme également sa volonté de poursuivre la coopération avec la Tunisie dans les domaines du développement, de l’investissement, de l’énergie, du commerce, de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.
Les relations entre la Tunisie et l’Europe remontent à 1969, année de la signature du premier accord commercial entre la Tunisie et la Communauté économique européenne (CEE). La signature de l’accord d’association, le 17 mai 1995, a constitué une étape majeure, faisant de la Tunisie le premier pays de la rive sud de la Méditerranée à conclure un accord de ce type avec l’UE.
Le 16 juillet 2023, les deux parties ont également signé un mémorandum d’entente sur le « partenariat stratégique et global », destiné à élargir les domaines de coopération à l’économie, au commerce, à l’énergie, à la migration et à la mobilité, à la stabilité macroéconomique ainsi qu’aux échanges entre les peuples.
Avec TAP

