
Dans un courrier adressé le vendredi 19 juillet en début d’après-midi, la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) a demandé aux directions des chaînes télévisées «Wataniya 1» et «Nessma TV», de ne plus diffuser les programmes «Rahina» (L’Otage) et «Braquage» avant 22h30, de mentionner avant leur diffusion qu’ils comportent des scènes violentes et qu’ils sont interdits aux mois de 12 ans.
Commentant cette décision dans une déclaration faite à l’agence TAP, le président de la Haica Nouri Lajmi, a indiqué que les chaînes «Wataniya 1» et «Nessma TV» sont tenues d’avertir le spectateur que ces programmes contiennent des scènes de violence pouvant affecter les catégories sensibles de téléspectateurs, dont les enfants, et que leur suivi doit être interdit aux moins de 12 ans.
Les membres de la Haica, réunis hier, ont jugé que les programmes «Rahina» et «Braquage» contiennent des scènes attentatoires à la dignité humaine et au droit de l’enfant à la protection contre toute forme de violence morale, a ajouté Lajmi.
Surpris par cette sentence, les deux chaînes ont entamé des recours. Ils ont sollicité au moins d’être entendues par la Haica, comme le stipule l’article 116 et ont demandé de reporter l’exécution du changement de l’horaire.
Surtout que le rappel à l’ordre de la Haica leur est parvenu en dehors des horaires administratives au début du week-end et qu’elles ont des engagements avec les annonceurs parrainant ces émissions qu’elles sont tenues de respecter pour ne pas être poursuivies en justice.
Saluée par certains, cette décision a été très critiquée par d’autres dont particulièrement les syndicats de la télévision nationale qui ont accusé la Haica d’adopter dès sa première décision la politique des deux poids deux mesures, en se concentrant sur certaines chaînes et en oubliant d’autres, comme Attounissia ou Al Hiwar qui diffusent aussi des programmes choquants et agressifs.
Certains sont même allés à dire que la Haica ne pourra rien faire face à certains lobbys médiatiques même s’ils la défient et diffusent sans autorisation.
Espérons de notre côté que ces préjugés ne soient pas justifiées et que la Haica aura la force et le courage nécessaires pour organiser le domaine de l’audio-visuel en Tunisie et pour appliquer les lois sur tout le monde sur un même pied d’égalité.
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