Dans cette analyse, l’agence souligne que la célébration du 25 juillet 2026 intervient dans un contexte particulier, marqué à la fois par la commémoration de l’un des événements fondateurs de l’État tunisien moderne et par une série de défis climatiques et sociaux auxquels le pays est confronté depuis plusieurs semaines. NOVA relève notamment que le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé, à l’occasion de cette fête nationale, une grâce spéciale à 2 439 détenus, tandis que 490 autres ont bénéficié d’une libération conditionnelle.
L’agence italienne met surtout en lumière les difficultés auxquelles la Tunisie a dû faire face cet été : une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures atteignant localement près de 49 degrés, des incendies de forêt ayant touché plusieurs gouvernorats, des perturbations dans la distribution de l’eau potable ainsi que des coupures d’électricité dans certaines régions. Selon NOVA, ces crises ont néanmoins révélé « une remarquable capacité de résilience » de la société tunisienne, illustrée par la mobilisation des institutions de l’État, des forces armées, de la Garde nationale, de la Protection civile, des autorités locales et de nombreux citoyens bénévoles.
À titre d’exemple, l’agence cite Ghar El Melh, dans le gouvernorat de Bizerte, où plusieurs établissements touristiques et commerces du littoral ont été ravagés par un incendie en pleine saison estivale. Quelques jours seulement après le sinistre, les travaux de reconstruction avaient déjà commencé et plusieurs établissements avaient rouvert leurs portes, une image que NOVA présente comme le symbole de la détermination des Tunisiens à surmonter les difficultés et à préserver leur activité économique.
L’article rappelle également la portée historique du 25 juillet 1957, date à laquelle l’Assemblée nationale constituante décida, un peu plus d’un an après l’indépendance, d’abolir la monarchie husseinite et de proclamer la République tunisienne. Habib Bourguiba, chef du mouvement national et artisan de l’indépendance, devint le premier président de la République. Sous son impulsion, la Tunisie engagea un vaste programme de modernisation de l’État, marqué notamment par l’adoption du Code du statut personnel, qui abolit la polygamie, instaura le divorce judiciaire et renforça les droits des femmes, faisant de la Tunisie l’un des pays les plus réformateurs du monde arabe en matière de législation familiale. Son action fut également marquée par le développement de l’enseignement, de la santé publique, de l’administration et des infrastructures, qui ont profondément transformé le pays durant les premières décennies de l’indépendance.
NOVA souligne toutefois que, depuis 2021, cette date historique a acquis une nouvelle dimension politique. Le 25 juillet 2021, le président Kaïs Saïed annonçait le gel des activités du Parlement, la levée de l’immunité des députés et la révocation du chef du gouvernement, en invoquant l’article 80 de la Constitution dans un contexte de crise politique, économique et sanitaire. Une année plus tard, le 25 juillet 2022, les électeurs approuvaient par référendum une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel renforcé. Depuis lors, observe l’agence, le 25 juillet est devenu à la fois une journée de célébration nationale et un moment de débat sur l’évolution des institutions tunisiennes.
En conclusion, NOVA estime que, malgré les divergences politiques qui continuent d’animer la scène nationale, l’été 2026 met surtout en évidence la capacité de la Tunisie à faire face aux situations d’urgence. La mobilisation des services de l’État, des forces de sécurité, des militaires, des équipes de secours et de la société civile face aux incendies, aux pénuries d’eau et aux conséquences de la canicule témoigne, selon l’agence italienne, d’un esprit de solidarité et de responsabilité collective qui demeure l’un des principaux atouts du pays à l’occasion du 69ᵉ anniversaire de la République.

