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Aïd Al-Adha : L’importation des moutons, enjeu économique et social stratégique dans le monde arabe

22 mai 2026
in Actualités
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Aïd Al-Adha : L’importation des moutons, enjeu économique et social stratégique dans le monde arabe
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L’importation de moutons pour la fête de l’Aïd al-Adha (fête du sacrifice) est devenue un enjeu économique et social stratégique dans le monde arabe. Face aux sécheresses à répétition, à la hausse du prix des aliments pour bétail et à l’inflation, la production locale ne suffit plus à couvrir la demande.

Les pays arabes adoptent des méthodes différentes pour stabiliser leurs marchés à l’approche de la fête

Ainsi, l’Algérie a procédé cette année à une importation massive. L’État a mis en place une mesure inédite en autorisant l’importation de 1 million de moutons. Près de 900 000 têtes ont déjà transité par les ports algériens via la plateforme numérique officielle Adhahi afin de casser la spéculation et de plafonner les prix.

Les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Oman, EAU) : Ces pays sont structurellement dépendants des importations de bétail vif toute l’année, avec un pic massif pour l’Aïd et le Pèlerinage (Hajj). Leurs approvisionnements se font par d’immenses navires bétaillers.

Pour le Maroc, la priorité a été donnée au cheptel local. Après avoir eu recours à des importations diversifiées par le passé, le Maroc a fait le choix de s’appuyer entièrement sur son cheptel national reconstitué et estimé entre 6 et 7 millions de têtes disponibles. Le gouvernement encadre strictement les marchés pour écarter les intermédiaires spéculateurs.

Principaux pays fournisseurs

Pour satisfaire le rite de l’Aïd, les animaux importés doivent impérativement respecter les critères de l’abattage rituel et être en bonne santé. Les principaux exportateurs vers le monde arabe sont :

  • L’Europe de l’Est : La Roumanie et la Moldavie sont les premiers fournisseurs de moutons vifs grâce à des prix compétitifs.
  • L’Afrique de l’Est : Le Soudan, la Somalie et Djibouti exportent massivement vers la péninsule arabique.
  • L’Océanie et l’Amérique du Sud : L’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et le Brésil fournissent de grands volumes de bétail par voie maritime.

L’importation de millions d’animaux sur une période très courte de quelques semaines représente un défi logistique majeur. Les pays importateurs imposent des contrôles vétérinaires stricts aux frontières et des périodes de quarantaine pour éviter l’introduction de maladies (comme la fièvre aphteuse). De plus, le coût élevé du transport maritime mondial maintient une pression constante sur le prix final payé par le consommateur

Les prix des moutons d’importation varient considérablement d’un pays à l’autre selon la stratégie de subvention de l’État, l’origine du bétail et le mode de vente. L’objectif principal de ces importations reste de casser la spéculation sur le cheptel local

En Algérie, le gouvernement a mis en place un système très encadré sur la plateforme gouvernementale Adhahi. Le prix du mouton importé a été plafonné à 50 000 DA (1100 DT) en espèces, avec des réductions incitatives au tarif de 48 000 DA (1060 DT) pour les paiements en ligne par carte bancaire. En comparaison, le mouton de production locale s’échangeait entre 80 000 et 150 000 DA soit entre 1765 DT et 3315 DT.

En Arabie Saoudite, Le bétail importé d’Afrique de l’Est reste l’option la moins chère (autour de 1 000 SAR soit 800 DT). Les races locales ou très prisées (comme le mouton Nuaimi) grimpent facilement au-delà de 2 500 SAR (2000 DT) en raison de la très forte demande liée au pèlerinage simultané.

Tags: AlgérieArabie saouditeimportationMarocmouton de l'aid al idha
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