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Al Joumhouri quitte l’Union Pour la Tunisie

26 décembre 2013
in Politique
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Depuis quelques semaines, les signes indiquant l’existence d’une irréparable fracture au sein de l’Union Pour la Tunisie ne cessent de se multiplier.

Le fameux communiqué édité le lendemain de l’échec du choix de Jalloul Ayed en tant que chef du gouvernement, par Nida Tounes et le Front Populaire au nom de l’Union sans le consentement des autres partis de la coalition( Al Joumhouri, Al Massar, le Parti socialiste et la parti du travail patriotique), puis les déclarations des porte-parole de Nidaa Tounes Ridha Belhaj et du Front populaire Hamma Hammami (qui ont affirmé que la réunion qui a précédé l’édition du communiqué en question, s’est faite en présence des principaux partis de l’UPL) n’ont fait qu’envenimer la situation et vexer les autres partis.

Les accusations du S.G. de Nidaa Tounes, Taïeb Baccouche, contre le leader d’Al Joumhouri, Ahmed Nejib Chebbi, de faire des déclarations irresponsables dans lesquelles il a indiqué que Nida Tounes a gelé ses activités au sein de l’Union Pour la Tunisie et son insistance à répéter que son parti ne quittera pas un front dont il a été à l’origine, ont semble-t-il représenté la goutte qui a fait déborder le vase et impliqué le probable départ d’Al Joumhouri de cette coalition politique créé le 29 janvier 2013 pour contrecarrer Ennahdha.

En effet, tout laisse prévoir que le comité central du parti Joumhouri qui se réunira ce week-end à Sousse entérinera la décision, qui semble avoir été prise par le bureau politique, de quitter l’Union pour la Tunisie.

D’ailleurs, le point essentiel de l’ordre du jour de cette réunion serait très probablement l’évaluation des alliances du parti et sa position au sein de l’Union Pour la Tunisie.

Selon certaines sources, le départ d’Al Joumhouri de l’UPT étant acquis, les débats tourneront lors de cette réunion tant attendue du comité central sur l’alliance du parti avec Nidaa Tounes.

En effet, plusieurs militants joumhouris, qui ont été dès le départ contre ce rapprochement, vont appeler à mettre un terme à cette alliance car elle a été, selon eux, très préjudiciable à l’image du parti et à sa notoriété.

D’ailleurs, dans un papier édité sur les colonnes de Businessnews, le membre du bureau exécutif du parti Al Joumhouri, Abdelmajid Mselmi, n’a pas caché que « Plusieurs militants joumhouris pensent toujours que Nidaa Tounes est une machine qui recycle les « azlems » et les cadres du RCD alors que le Joumhouri était un opposant farouche au régime de la dictature dont le RCD était le principal instrument. Ils prônent une ligne politique de rupture avec l’ancien régime et une franche démarcation avec les représentants de l’ancien régime tels que Nidaa….. »

Dans le même article, Abdelmajid Mselmi a ajouté qu’ « Aux yeux de plusieurs joumhouris, Nidaa a réussi là où ils ont échoué. Il a puisé dans leur base électorale et leurs cadres politiques, les a éclipsés et marginalisés. Il est apparu comme un sérieux concurrent pour les élections surtout après l’annonce de Béji Caïd Essebsi de son intention de se présenter à l’élection présidentielle. Laquelle candidature est devenue plausible après que le projet de loi sur la protection de la révolution est devenu caduc et que l’âge maximal de la candidature à l’investiture suprême est devenu illimité dans le projet de la Constitution.  »

Néanmoins, ceux qui sont pour la rupture avec Nidaa Tounes trouveront certainement une opposition farouche du clan qui soutient ce rapprochement et qui estime que l’union des forces démocratiques est une nécessité historique pour faire face à la Troïka plus que jamais solide.

Ceux qui sont de cet avis, voient qu’Al Joumhouri n’a de chances d’accéder au pouvoir qu’avec cette alliance avec Nida Tounes et probablement Al Massar….

Face à l’évolution de la situation et à l’émergence de courants opposés au sein de ce même parti, on peut dire qu’Al Joumhouri se retrouve lors de son 30 ème anniversaire à la croisée des chemins. Les résultats de la réunion de son comité risquent de représenter un tournant décisif dans son avenir politique.

B.M.K.

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