L’Algérie a signé deux contrats stratégiques avec le chinois CHEC et l’italien Saipem pour l’exploitation du gisement géant de phosphate à Blad el Hadba dans la wilaya de Tébessa
Le projet de phosphate de Blad el Hadba est l’un des chantiers miniers et industriels les plus gigantesques d’Algérie. Situé dans la wilaya de Tébessa, près de la frontière tunisienne, ce gisement renferme des réserves colossales estimées entre 800 millions et plus de 2 milliards de tonnes de phosphate
Le site est conçu pour extraire et enrichir jusqu’à 10 millions de tonnes de phosphate brut par an. Cela permettra de fabriquer environ 6 millions de tonnes de produits transformés, comme des engrais indispensables pour l’agriculture.
Une ligne ferroviaire spéciale de 422 kilomètres est construite en urgence. Elle fonctionnera jour et nuit pour relier directement la mine de Blad el Hadba au port d’Annaba pour l’exportation
Le montant global estimé pour l’ensemble de ce méga-projet de phosphate intégré s’élève à environ 7 milliards de dollars américains
Ce budget colossal est injecté par étapes pour financer une chaîne industrielle complète divisée en plusieurs grands chantiers
L’ambassadrice italienne à Alger, Alessandra Schiavo, qui était présente à la cérémonie de signature de ces deux contrats, a affirmé à l’agence Nova que ce projet est « conforme aux objectifs du plan Mattei » sur lequel l’Italie mise pour relancer sa coopération avec l’Afrique, particulièrement avec les pays de la rive sud de la Méditerranée.
L’ambassadrice d’Italie a souligné aussi le « défi technologique et organisationnel » que pose le projet du phosphate intégré en raison des délais « particulièrement serrés » imposés à Saipem par le contrat, conclu « selon le modèle EPC Fast Track » avec Sonatrach.
Ce contrat a été conclu avec la société italienne d’ingénierie pétrolière pour accélérer la réalisation du projet et permettre une entrée en production en 2027, date fixée par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
Pour l’ambassadrice d’Italie en Algérie, le projet intégré du phosphate de Tébessa, dépasse le « simple cadre minier et industriel. » Selon elle, il « s’inscrit pleinement dans la stratégie algérienne visant à renforcer la production agricole et à réduire la vulnérabilité du pays aux crises internationales. »

