
Après deux mois passés de quasi-silence médiatique, depuis son investiture par l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), on n’a presque pas vu, ni entendu le nouveau Chef du gouvernement, Ali Laârayedh, mais il a toutefois choisi la télévision du service public pour marquer sa présence.
Compte tenu de l’injonction adressée par Ali Laârayedh à son équipe gouvernementale d’éviter toute sur-médiatisation, ses ministres n’ont qu’à faire de même, et il est évident que l’on ne peut faire aucune esquisse d’évaluation de la gestion du gouvernement.
Quelles significations donner à la démarche d’Ali Laârayedh ? Est-ce « pas de nouvelle, bonne nouvelle », comme dit le vieux dicton ? Est-ce un premier faux-pas à inscrire au passif comptable de Laârayedh ? Ou peut-être cette démarche donnera-t-elle des résultats positifs ? Jusqu’alors, c’est le calme plat.
Certes, il a incité ses ministres à se pencher sur les priorités de leurs ministères respectifs, mais convient-il, de temps à autre, de se manifester, afin d’éviter toute possibilité de tapage médiatique avec tambour et trompette … ?
En choisissant d’intervenir, sur une chaîne de télévision nationale, publique de surcroît, presque un mois, jour pour jour, après sa désignation à la tête du gouvernement, Ali Laârayedh marque une réelle différence par rapport à ce qui est devenu presque une habitude, un réflexe ; celle de donner la primeur sur la situation du pays aux médias étrangers. À l’évidence, la démarche est singulière.
Elle n’en dévoile pas moins une volonté d’émettre un message clair : tenir informé, d’abord et avant tout, la communauté nationale sur tous les volets, politique, économique et social et sécuritaire que traverse le pays, à travers un canal médiatique qui est le sien, la télévision de service publique, sans autres motifs et considérations.
Les membres du gouvernement seraient-ils tentés, à défaut d’être pressement invités, à emprunter la même approche ? Il faut le souhaiter. En tout cas, le Chef du gouvernement marque un bon point au niveau de la forme. S’agissant du contenu de son message, c’est une toute autre paire de manche. La situation du pays alterne, en effet, avec le bon et le moins bon pour ne pas dire le mauvais.
Toutefois, un pas est franchi dans le bon sens ; celle d’une recherche de stabilité et d’un rétablissement de la confiance. C’est déjà cela de gagné.
Abdelhamid Ferchichi
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